‹ Poésies nouvelles, 1836-1852Chapitre 22 sur 88 · LYDIE · texte numérisé non relu

LYDIE

Du temps où j'étais ta maîtresse.

Tu me préférais à Chloé; Je m'endormais à ton côté.

Plus heureuse qu'une déesse.

Chloé me gouverne à présent.

Savante au luth, habile au chant :

La douceur de sa voix m'enivre.

Je suis prêt à cesser de vivre S'il fallait lui donner mon san".

Je me consume maintenant Pour Calais, mon jeune amant, Qui dans mon cœur a pris ta place.

Je mourrais deux fois, cher Horace, S'il fallait lui d()nner mon san<>'.

Eh quoi ! si dans notre pensée L'ancien amour se ranimait?

Si ma blonde était délaissée?

Si demain Vénus offensée A ta porte me ramenait?

Calais est jeune et fidèle,

Et toi, poète, ton désir

Est plus léger que l'hirondelle,

Plus inconstant que le zéphyr;

Pourtant, s'il t'en prenait envie,

Avec toi j'aimerais la vie;

Avec toi je voudrais mourir.

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