‹ Poésies nouvelles, 1836-1852Chapitre 29 sur 88 · A UNE FLEUR · texte numérisé non relu

A UNE FLEUR

Que me veux-tu, chère fleurette, Aimable et charmant souvenir r Demi-morte et demi-coquette, Jusqu'à moi qui te fait venir."

Sous ce cachet enveloppée, Tu viens de faire un long chemin.

Qu'as-tu vu r que t'a dit la main Qui sur le buisson t'a coupée ?

N'es-tu qu'une herbe desséchée Qui vient achever de mourir?

Ou ton sein, prêt à refleurir, Renferme-t-il une pensée .•'

Ta fleur, hélas! a la blancheur De la désolante innocence; Mais de la craintive espérance Ta feuille porte la couleur.

As-tu pour moi quelque message?

Tu peux parler, je suis discret.

A UNE F LE ru.

Ta verdure est-elle un secret?

Ton parfum est-il un langage .-'

S'il en est ainsi, parle bas, Mystérieuse messagère ; S'il n'en est rien, ne réponds pas; Dors sur mon cœur fraiche et légère.

Je connais trop bien cette main, Pleine de grâce et de caprice.

Qui d'un brin de fil souple et tin A noué ton pâle calice.

Cette main-là, petite fleur.

Ni Phidias ni Praxitèle

N'en auraient pu trouver la sœur

Qu'en prenant Vénus pour modèle.

Elle est blanche, elle est douce et belle, Franche, dit-on, et plus encor; A qui saurait s'emparer d'elle Elle peut ouvrir un trésor.

Mais elle est sage, elle est sévère; (Quelque mal pourrait m'arriver. Fleurette, craignons sa colère.

Ne dis rien, laisse-moi rêver.

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