LA LOI SLR LA PRESSE
D'un vieux maître banni serviteur regretté, Osez-vous à Texil faire une flatterie?
Les pairs vous jugeront, s'il plaît à la pairie; Sinon, c'est le pays, refait et recompté.
N'auriez-vous pas construit, pour quelque espièglerie, Au fond d'une campagne ou d'une métairie, Un théâtre forain sur deux tréteaux planté? Les pairs vous jugeront, s'il plaît à la pairie, Sinon, c'est le pays, refait et recompté; Et vous verrez le bat dont vous serez bâté!
Mais monsieur le ministre a dit à la tribune
Que l'art était perdu, que le goût s'en allait;
Que sa loi, pour la scène, était ce qu'il fallait;
Qu'autrefois l'éloquence était chose commune,
Mais qu'en France, aujourd'hui, l'onn'envoyait aucune,
Et la chose, à l'ouïr, parut claire en effet.
Je voudrais bien savoir, pour la rendre plus claire, Ce que c'est que ce goût dont on nous parle tant.
Le goût! toujours le goût! — Lorsque j'étais enfant, J'avais un précepteur qui m'en disait autant. Je vois bien trois mille ans depuis la mort d'Homère; Mais depuis trois mille ans, je ne vois sur la terre
Qu'un seul siècle « de goût » qu'on appelle le grand.
C'est celui de Boileau, c'est celui de Corneille.
Mais enfin, monsieur Thiers, cette terre est bien vieille ;
Que ce siècle soit beau, soit grand, c'est à merveille,
Et je n'en dirai pas de mal assurément;
Quand le diable y serait, ce n'en est qu'un, pourtant.
Est-ce une loi pour tous qu'un siècle dans l'histoire; Parce que trois pédants m'ont farci la mémoire De je ne sais quels vers, à contre-cœur appris. N'est-il pour moi qu'un siècle, et pour moi qu'un pays: Eh ! s'il est glorieux, qu'il dorme dans sa gloire. Ce siècle de malheur! c'est du mien que je suis.
Dans quel temps vivons-nous, voyons, je vous en prie? Vivons-nous sous Louis quatorzième du nom?