‹ Poésies nouvelles, 1836-1852Chapitre 73 sur 88 · CONSEILS A UNE PARISIENNE · texte numérisé non relu

CONSEILS A UNE PARISIENNE

Votre orgueil vous gène ; Pourtant il en faut.

Je ne voudrais pas, à la contredanse,

Sans quelque prudence

Livrer mon bras nu ; Puis, au cotillon, laisser ma main blanche

Traîner sur la manche

Du premier venu.

Si mon fin corset, si souple et si juste,

D'un bras trop robuste

Se sentait serré.

J'aurais, je l'ave ae, une peur mortelle

Qu'un bout de dentelle

N'en fût déchiré.

Chacun, en valsant, vient sur votre épaule

Réciter son rôle

D'amoureux transi ; Ma beauté, du moins, sinon ma pensé».

Serait ofîensée

D'être aimée ainsi.

Je ne voudrais pas, si j'étais Julie,

N'être que jolie

Avec ma beauté.

Jusqu'au bout des doigts je serais duchesse :

Gomme ma richesse,

J'swrais ma fierté.

1V> POKSIKS NOrVELI.ES.

Vdvez-vous, ma chère, au siècle où nous sommes,

La plupart des hommes

Sont très inconstants.

Sur deux amoureux pleins d'un zèle extrême,

La moitié vous aime

Pour passer le temps.

(^uand on est coquette, il faut être sage,

L'oiseau de passage

Qui vole à plein cœur Ne dort pas en l'air comme une hirondelle.

Et peut, d'un coup d'aile.

Briser une Heur.

Décembre 4 8^5.

Page 1