CONSEILS A UNE PARISIENNE
Votre orgueil vous gène ; Pourtant il en faut.
Je ne voudrais pas, à la contredanse,
Sans quelque prudence
Livrer mon bras nu ; Puis, au cotillon, laisser ma main blanche
Traîner sur la manche
Du premier venu.
Si mon fin corset, si souple et si juste,
D'un bras trop robuste
Se sentait serré.
J'aurais, je l'ave ae, une peur mortelle
Qu'un bout de dentelle
N'en fût déchiré.
Chacun, en valsant, vient sur votre épaule
Réciter son rôle
D'amoureux transi ; Ma beauté, du moins, sinon ma pensé».
Serait ofîensée
D'être aimée ainsi.
Je ne voudrais pas, si j'étais Julie,
N'être que jolie
Avec ma beauté.
Jusqu'au bout des doigts je serais duchesse :
Gomme ma richesse,
J'swrais ma fierté.
1V> POKSIKS NOrVELI.ES.
Vdvez-vous, ma chère, au siècle où nous sommes,
La plupart des hommes
Sont très inconstants.
Sur deux amoureux pleins d'un zèle extrême,
La moitié vous aime
Pour passer le temps.
(^uand on est coquette, il faut être sage,
L'oiseau de passage
Qui vole à plein cœur Ne dort pas en l'air comme une hirondelle.
Et peut, d'un coup d'aile.
Briser une Heur.
Décembre 4 8^5.