‹ Poésies nouvellesChapitre 4 sur 83 · ÉTUDE DE MAINS · texte numérisé non relu

ÉTUDE DE MAINS

INPÉRIA

Chez un sculpteur, moulée en plaire, J'ai vu l'autre jour une main D'Aspasie ou de Cléopâtre, Pur fragment d'un chef-d'œuvre humain;

Sous le baiser neigeux saisie Gomme un lis par l'aube argenté, Comme une blanche poésie S'épanouissait sa beauté.

Dans l'éclat de sa pâleur mate

Elle étalait sur le velours

Son élégance délicate

bit ses doigts fins aux anneaux lourds.

Une cambrure florentine, Avec un bel air de fierté, Faisait, en ligne serpentine, Onduler son pouce écarté.

A-t-elle joué dans les boucles Des cheveux lustrés de don Juan, Ou sur son caftan d'escarboucles Peigné Ja barbe du sultan.

Et tenu, courtisane ou reine, Entre ses doigts si bien sculptés.

Le sceptre de la souveraine * Ou le sceptre des voluptés?

Elle a dû, nerveuse et mignonne, Souvent s'appuyer sur le col Et sur la croupe de lionne De sa chimère prise au vol.

Impériales fantaisies.

Amour des somptuosités ; Voluptueuses frénésies.

Rêves d'impossibilités ;

ir> fiNAlX ET CAMÉES.

Romans extrayagants, poèmes De haschisch et de vin du Rhin, Courses folles dans les Bohômes Sur le dos des coursiers sans frein,

On voit tout cela dans les lignes De cette paume, livre blanc Où Vénus a tracé des signes Que l'Amour ne lit quVn tremblant.

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