‹ Poésies nouvellesChapitre 5 sur 83 · I.ACENAIRE · texte numérisé non relu

I.ACENAIRE

Pour contraste, la main con[)éo De Laccnaire l'assassin, Dans des baumes puissants tremprc, Posait auprès, sur un coussin.

(luriosité dépravée!

.l'ai touché, malgré mes dégoûts, Du supplice encore mal lavée Cette cliair froide au duvet roux.

ÉMAUX ET CAMÉES. il

Momifiée et toute jaune Gomme la main d un Pharaon, Elle allonge ses doigts de faune Crispés par la tentation.

Un prurit d'or et de chair vive - Semble titiller de ces doigts L'immobilité convulsive, Et les tordre comme autrefois.

Tous les vices avec leurs griffes Ont, dans les plis de cette peau, Tracé d'affreux hiéroglyphes, Lus couramment par le bourreau.

On y voit les œuvres mauvaises Écrites en fauves sillons, Et les brûlures des fournaises Où bouillent les corruptions.

Les débauches dans tes Gaprées Des tripots et des lupanars, De vin et de sang diaprées, Comme l'ennui des vieux Césars !

En même temps molle et féroce, Sa forme a pcmr Tobservatcur Je ne sais quelle grâce atroce*, La grâce du gladiateur!

Criminelle aristocratie, Par la varlope ou le marteau Sa pulpe n'est pas endurcie, Car son outil fut un couteau.

Saints calus du travail honnête, On y cherche en vain votre sceau.

Vrai meurtrier et faux poëte, Il fut le Manfred du niisseau.

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