DANS LA RUE
Il est un vieil air populaire Par tous les violons raclé, Aux abois des chiens en colèie Par tous les orgues nazillé.
Les tabatières à musique L'ont sur leur répertoire inscrit ; Pour les serins il est classique, El ma grand'mèrc, enfant, Tappril.
Sur cet air, pistons, clarinettes, Dans les bals aux poudreux berceaux , Kont sauter commis et ^risettes, Kt de leurs nids fuir les oiseaux.
lia guinguette sous sa tonnelle \)e houblon et de chèvrefeuille, Fôte, en braillant la ritournelle, Le gai dimanche et Targenteuil.
L*aveugleau basson qui pleurniclu^ L'écorche en se trompant de doigts ï/A sébille aux dents, son caniche Près de lui le grogne à mi-voix.
Kt les }>eiits guitaristes, Maigres sous leurs minces tartans, Le glapissent de leurs voix tristes Aux tables des cafés chantants.
Paganini, le lantastique, lu soir, comme avec un croclu*!, A ramassé le thème antique Du l)Out de son divin arcliel,
ÉMAUX ET CAMÉES. 2t
Et, brodant la gaze fanée Que Foripeau rougit encore, Fait sur la phrase dédaignée Courir ses arabesques d'or.