‹ Poésies nouvellesChapitre 64 sur 83 · LES MÊMES, MARINETTE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, MARINETTE

FRONTIN

Qu'as-tu donc, mon enfant?

MARINETTE, feignanl de ne pas voir Gérante.

Je n'ai rien.

PRONTIN.

Si ; ta mine, Qu'un sourire joyeux d'ordinaire illumine, Est lugubre, aujourd'hui, comme un enterrement ; On dirait que tu viens de perdre ton aihant.

MARINETTE, même jeu.

Pour le perdre, il faudrait l'avoir eu... Je suis sage, Et n'admets que soupirs tendant au maria[:e.

Frontin!

GÉRONTE, â parL

Où diable va se nicher la vertu?*

FRONTIN

Mais alors, d'où te vient cet air morne, abattu?

MARINETTE, mCmc jeu.

D'une tout autre cause. A me flatter trop prompte. J'avais l'espoir de plaire au bon monsieur Géronte, Et d'entrer, pour tout faire, en service chez lui... Tu sais !c résultat, et j'en ai de l'ennui.

GÉRONTE, mrmc jeu.

Je suis vraiment fâché de ne l'avoir pas prise.

MARINETTE, môme jeu.

Maintenant, il est seul. Qui le coilTe et le frise? Qui lui met sa cravate et lui cherche ses gants ? Moi, j'aurais eu pour lui tous ces soins fatigants, Et je l'aurais choyé comme une fille un père!

GÉRONTE, même jeu.

Ce que je n'ai pas fait, je puis encore le faire.

MARINETTE

C'est un homme si doux, si poli, si charmant!

FRO>TIN

Je ne partage pas du tout ton sentiment.

. Un vieux...

GÉROfTTE, bas à Fronlin.

Comment?

^ FRQKTIN.

Laid, sot...

GÉRONTE, même jeu.

Gredin!

FRONTIN

Acariâtre...

GÉRONTE, de même.

Bandit!

FRONTIN

Crasseux!...

GÉRONTE, de même.

Je vais te battre comme un plâtre, Si...

FRONTIN, bas à Gcronte.

C'est pour réprouver, monsieur; tenez-vous coi! Tu le trouves donc bien ?

MARINETTE

Il a je ne sais quoi De franc, d'épanoui, qui me plaît et m'enchante. Ah! que de le servir jaurais été contente!

GÉRONTE, à part. *

Quel bon cœur! Je me sens le coin de Topil mouillé. Et par rémotion j'ai le nez chatouillé.

n éterniic.

MARI NETTE

J'entends étemuer, et je ne vois personne!

GÉRONTE

C'est moi qui. . .

MARINETTE

Mais quelle est cette voix qui résonne?

Un fantôme, un esprit...

GÉRONTE

Eh! non; c'estmoi.

MARINETTE

Qui donc?

GÉCONTE.

Géronte.

MARINETTE

Et votre corps, où donc est-il?

PRONTIN, décoiffant Céronle.

Pardon!

Monsieur, vous oubliez que pour être visible 11 faut-vous décoiiïer.

MARINETTE

Ah! quelle peur horrible, Monsieur, vous m'avez faite!

CÉRONTE.

Allons, rassure-toi ; Je vais en quatre mots dissiper ton effroi :

Ce chapeau, qu'il suffit d'oter et de remettre, Me fait à volonté paraître et disparaître!

MARINETTE, à pari.

Feignons d'être timide et jouons l'embarras.

GÉRONTE

La place que tu veux, mon enfant, tu l'auras.

MARINETTE

Vous étiez là, monsieur? Vous m'avez entendue?... Le trouble... la pudeur... Ah! je suis confondue!

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