‹ Poésies nouvellesChapitre 76 sur 83 · PROLOGUE D'OUVERTURE · texte numérisé non relu

PROLOGUE D'OUVERTURE

Si vous m*a\iez fait part de ce projet sinistre, J'aurais recommandé votre affaire au ministre; Il vous eût refusé... par faveur.

LE DIRECTEUR

Grand merci!

J*ai la prétention de réussir ici.

Oui, cette belle salle, étonnée et ravie, Après un long sommeil s'éveillant à la vie, Je Tespère, verra le public, chaque soir.

Gomme un ami fidèle arriver et s'asseoir.

Le lustre, ce soleil qu'on descend et qu'on monte Aux luttes de deux gaz saura trouver son compte. Et choisira celui dont le jet radieux Noircit moins le plafond tout en éclairant mieux. Flûtes, cors, violons, feront rage à l'orchestre ; La Muse à talons hauts et la muse pédestre, L'une avec son péplum dans le marbre sculpté, L'autre avec son jupon changeant et pailleté, Ensemble» ou tour à tour, sérieuse oti fantasque. Montreront la pâleur ou le fard de leur masque. Chez nous les dieux de l'art autont des trônes d'or; Hais nous livrons l'azur à tout puissant cssor^ Et le jeune poète, éclairé par leut glOircj Prendra place à leurs pieds sur les marches d'ivoirfc. L'Odéon, temple ouvert à tdus les imtnortelsj Môme aux dieux étrangers dressera des atitels.

Le génie est pareil, si la langue est diverse.

Astre à demi voilé, Tidée éclate et perce

Sous le nuage gris de la traduction :

Pour juger de Tétoile il suffit d'un rayon.

Quand on entend Molière, et Corneille, et Racine,

Caldéron se comprend, Shakspeare se devine.

poètes sacrés, ô maîtres souverains,

S'il reste encore au fond de vos riches écrins

Une perle oubliée, une pierre enfouie,

Nous la ferons briller sur la foule éblouie ;

Sans redouter Y hélas ! sans craindre le holà!

Après VAgésilas nous jouerons V Attila.

Pour nous l'auteur du Cid vit dans toutes ses pièces.

Et Rotrou, délaissé, tente nos hardiesses.

l'esprit chagrin.

Tout cela serait bon dans un pays connu, Mais aucun Mungo-Park ici n'est parvenu; La carte vous relègue aux zones chimériques.

J'ai vu des gens chercheurs et trouveurs d'Amériques, Qui, l'on ne sait comment, allaient on ne sait où. Au Kamtchatka, dans l'Inde, au diable, à Tombouctou; Mais je ji'en ai pas vu, quel que soit leur courage, Capables de tenter ce périlleux voyage.

L'on part pourl'Odéon tout jeune, et, dans Paris. L'on retourne vieillard avec des cheveux gris. Il vous faut uu rail-way pour vous rendre probable.

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