‹ Poésies Par Madame Amable TastuChapitre 19 sur 77 · IMITATION DE THOMAS MOORE · texte numérisé non relu

IMITATION DE THOMAS MOORE

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Ne blâmez point la molle rêverie Qui m’aide à fuir les pensers glorieux ; Je ne puis rien aux maux de ma patrie .

Je veux du moins en détourner les yeux.

Festins, où naît l’éclatante saillie, Apportez-mei vos plaisirs renalissans :

La coupe d’or, l'amour et la folie

Vont désormais inspirer mes accens ; #4

Et toi, ma harpe, en vantant le sourire, Le doux caprice, armes de la beauté, Oublie, hélas ! que tu saurais redire Ces mots sacrés : Vengeance et Liberté.

Ne blämez point la molle rêverie

Qui n’aide à fuir Les pensers glorieux ; Je ne puis rien aux maux de ma patrie :

Je veux du moins en détourner les yeux.

Oui, cette corde, ame d’un luth sonore, Courberait l’are au signal du danger ;

Elle saurait, sous la main qui l’honore,

Lancer le trait fatal à l'étranger.

Mäis contre Érin l’injuste sort conspire.

Le seul flambeau qui nous guide aux Honneurs, À ce bûcher où la patrie expire,

Doit emprunter ses funèbres lueurs.

Ne blâmez point la molle rêverie Qui m'aide à fuir Les pensers glorieux;

Je ne puis rien aux maux de ma patrie :

Je veux du moins en dttourner les yeux.

Ah! qu’un rayon, qu'un éclair d'espérance Perce la nuit qui voile mon pays!

: Qu’un seul guerrier ose saisir la lance, Qu'un seul instant à mes vœux soit promis!

Entre mes mains la coupe déjà prête Verra ses flots à mes pieds répandus;

Du myrte oisif, arraché de ma tête,

Je couvrirai le fer d'Harmodius.

Ne blâmez point la molle rêverie

Qui m'aide à fuir les pensers glorieux ; ( æ ]

Je ne puis rien aux maux de ma patrie :

Je veux du moins en détourner Les yeux.

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Erin , Erin, antique amour des mers,

Tu n’as gardé de ta gloire passée

Qu'un souvenir qui vivra dans mes vers.

Mes chants, portés sur les vagues lointaines, À l'univers rediront tes malheurs;

Et nos tyrans, même en rivanttes chaînes,

S'étonneront de répandre des pleurs.

Ne blâmez point la molle rêverie Qui in’aide à fuir les pensers glorieux ; Je ne puis rien aux maux de ma patrie :

Je veux du moins en détourner les yeux.

La Énirlande.

3e IMITATION DE THOMAS MOORE.

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I know where the winged visions dwell.

Je connais dans les bois, sur le front des montagnes,

La fleur qui sert d'asile aux songes incertains.

Cours, à jeune beauté, dépouille les campagnes ; Queleurs dons parfumés s’assemblent sous tes mains. Hätons-nous de former la guirlande légère,

Qui doit rendre l’amour à tes vœux assidus ; Hätons-nous, le temps fuit, la fleur est passagère,

Les songes et les fleurs demain ne seront plus!

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