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{instant QUI rOMprA vos entraves :
Le voici!
1s s'élèvent à la fois.
Le canon fait gronder sa formidable voix; La cloche livre aux vents ses bruyantes volées ; Et soudain, dans les airs, les cohortes aïilces Cherchent d’un libre essor la céleste clarté Du bonheur des oiseaux elle est l’avant-courriére ; C’est pour trouver la liberté, Qu’ils s’élancent vers la lumière Mais des vitraux sacrés le jour EM Déguise ce vrai jour que réclamaient leurs yeux; Mais les mille clartés de ces fêtes pompeuses Abusent leurs regards s par des lueurs trom 'peuses ; La vapeur de l’encens, les chanis religieux, Le bruit confus du peuple enfermé dans ces lieux, Les vifs reflets de l’or, tout accroît leur vertige : Déjà Le faible essaim en tournoyant voltige ;
Égarés, éblouis aux flambeaux de l'autel,
Ils cèdent par degrés à cet éclat mortel ; Imprudens! c’en est fait, leur aile est consumée: Ils tombent sur les fleurs dont la terre est semée, Et leur corps palpitant, tout près de s’assoupir, Aux joyeuses clameurs mêle un dernier soupir! — Mais qu'importeun soupir?sanslentendre,la foule Sous l'antique portail à flots bruyans s'écoule... Moi seule je demeure, et consacre tout bas
Les sons d’un luth obscur à cet obscur trépas.
Dormez, dormez, frêles victimes Des royales solennités.
Tandis que ces chœurs unanimes, Echo des hautes vanités, S’élancent des harpes sublimes,
Ma lyre veille à vos côtés.
Innocens Passereaux, et vous blanches Colombes, L’universelle joie, hélas! creuse vos tombes : Faut-il qu'un deuilse mêle aux plaisirs des mortels !
N’ont-ils point prodigué dans leur fête chérie
Le luxe et ses trésors, les arts et leur féerie, Et la pompe de nos autels ?
Pourquoi donc à leurs jeux les immoler encore
Ces chantres des bosquets, charme de nos loisirs,
Qu’ün souffle du Seigneur dans les airs fit éclore
Pour l’honorer par leurs plai sirs ?
Pourquoi les retenir sous la voute gothique? Leurs cris retentissant de portique en portique Devaient-ils réveiller l'écho religieux?
Que ne leur rendiez-vous de leurs forêts natives Les cintres verdoyans, les mouvantes ogives, Et la voûte immense des cieux?
Ce n’est qu’au sein des airs que leur vol sebalance ; Au seul écho des bois appartient leur chanson. Hélas! votre avare clémence
N'a fait qu'agrandir leur prison |
Eh! aœu’aviez-vous besoin de peupler vos églises
I peur 5 Des emblômes vivans de ces vieilles franchises Qu’aujour du nouveau règne Le dun D vosaïieux !
Quandlestempssontchangés qu'importe à ma patrie
Des mœurs qui ne sont plus la vaine allégorie! Elle a des biens plus précieux, Et la Vérité seule est aimable à ses yeux !
Vous que scellent encor les vengeances royales,
EÆ
Levez-vous, lourds barreaux,tombez, grilles fatales, Qu’un pardon descende sur vous :
Si de la Liberté nous invoquons l’image,
Les cachots dépeuplés lui rendront un hommage
Digne d'elle et digne de nous!
Mais d’où naît ton audace, à toi lyre timide? Pourquoi t’abandonner à son élan rapide?
Tu t'élèves, semblable à cet enfant des mers,
Qui d’un vol merveilleux tout-à-coup fend les airs ; Dans la plaine éthérée, à sa race étrangère,
Il déploie un moment sa force passagére ;
Mais du souple tissu qui soutient ses efforts
Si le jour a séché les humides ressorts,
Du transfuge des eaux alors la chute est prompte, Et l'élément natal ensevelit sa honte.
Pourquoi veux-tu braver le sort qui t'est promis ?
Lyre, reviens aux chants qui seuls te sont permis...
Dormez, dormez, frèles victimes Des royales solennités ; fl
Vous, qui des bois touffus abandonnant les cimes Vintes mourir dans nos cités,
Tandis qu’en vos abris quelques œufs près d’éclore, Sans chaleur reposent encore ii] Aux nids que vous avez quittés |
Voix du printemps fleuri, que pleure le bocage, Du moins en perdant la clarté L
Cessez de redouter les réseaux ou la cage,
Vous rencontrez la mort en fuyant l'esclavage.”
Mais la mort c’est la Liberté!
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On croirait que les Muses se sont retirées pour jamais, qu'Apollon ne reviendra plus, tant ils semblent sourds à la voix du poëte.
vipA. Traduction de Le Batteux, ch. 2.
Heureux qui dans l'essor d’une verve facile,
Soumet à ses pensers un langage docile;
Qui ne sent point sa voix expirer dans son sein, Ni la lyre impuissante échapper à sa main,
Et cherchant cet accord, où l’ame se révèle, Jamais n’a dû maudire une note rebelle! Hélas ce n’est pas moi! d’un cri de liberté
Jamais comme mon cœur mon vers n’a palpité;