‹ Poésies Par Madame Amable TastuChapitre 34 sur 77 · MISS E. LANDON · texte numérisé non relu

MISS E. LANDON

Nos espérances ressemblent à ces étoiles qui ne brillent que pour tomber.

Lorn de moi, séduisante fée,

Loin de moiton prisme imposteur :

Trop souvent ton souris menteur Apaisa ma plainte étouffée.

Pourquoi te plaire à m’égarer, Pourquoi ces perfides caresses ?

Je ne crois plus à tes promesses,

Non.ie ne veux plus espérer.

L'ESPERANCE

Les appuis que mon cœur tranquille Crut opposer aux coups du sort, Plus faibles qu’un roseau fragile,

Se sont brisés au moindre effort.

Hélas ! la fortune est légère, L'amitié vaine et passagère

De l'intérêt subit la loi,

Et dans sa pitié mensongère

Se rit de la crédule foi.

Dans les rêves de la jeunesse L'ombre du bonheur nous séduit ; Sur tes pas, trompeuse déesse,

Nous croyons l’atteindre sans cesse, Et le repos même nous fuit.

Mais à peine un malheur menace On t’invoque, ta main efface

Le soudain effroi qu'il produit ; Nous n’osons regarder l’abîme ; Ainsi qu’une lâche victime

Pâlit à l'aspect du bourreau,

Et dans la liqueur enivrante Offerte à sa lèvre mourante,

L'ESPERANCE

Boit l'oubli du fatal couteau.

Trop long-temps tu m'as abusée ; De l'espoir d’une route aisée Tu flattas mon naissant orgueil, Et ma barque aux flots exposée Toujours a rencontré l’écueil.

Fuis donc, perfide enchanteresse, Fuis, et ne crois plus m'égarer :

Je puis braver ta folle ivresse, Non, je ne veux plus espérer !

Doux chants, mélodieux délire, Charme secret de mes beaux ans, C’est méconnaître votre empire Hélas! qu'attirer sur la lyre Le regard distrait des passans.

De votre douceur solitaire Pourquoi révéler le mystère ?

Ou sur la foi de l’avenir Dédaigner les biens qu'elle donne , Pour cette inutile couronne Que je ne puis même obtenir?

Ainsi chaque riante image

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ee COS Que TEEN ETES

L'ESPERANCE

S’évanouit comme un nuage

Au premier caprice des vents ;

Sur un océan sans rivage,

Mes yeux en vain cherchent la plage Où s'arrêtent les flots mMOUVANS ;

Le temps de ses ailes rapides Moissonne, stériles et vides,

Des jours qu’il aurait dû parer ; Chacune des fleurs que je cueille Sous mes doigts se fane et s’effeuille,

Non, je ne veux plus espérer !

À ma Muse,

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