‹ Poésies Par Madame Amable TastuChapitre 36 sur 77 · TH. MOORE · texte numérisé non relu

TH. MOORE

Et les larmes QUE nous versons, quoiqu'elles coulent en secret . garderont long-temps sa mémoire vivante dans nos ames.

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Une brise inconnue a passé sur la lyre,

LE . 2 1 La lyre lui répond par un lugubre accord, Et de vagues terreurs tout bas semblent me dire :

C’est un souffle de mort!

Je vois sur l’Hélicon un long crêpe s'étendre ; De ses harpes en deuil, les gémissantes voix

I ) & S’élèvent, et le nom que je tremblais d'entendre

À retenti deux fois,

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Je ne le pouvais croire! Il est donc vrai, c’est elle, C’est elle qui nous fuit, c’est elle que je perds: Cessez, fils d'Apollon, cette plainte fidèle,

Et ces pieux concerts.

Non,non,cen’estpasvous,e’estmoiqu'elleanommée; La crédule amitié l’aveuglait dans son choix; C’est à mes faibles chants que de sa renommée

Elle a légué le poids.

Hélas! en exhalant ma promesse timide, Un sourire peut-être en a suivi l'essor, Tant ce malheur si prompt, tant cettemort rapide

Paraissait loin encor |

Pleurs, cessez de couler ; un solennel office Enchaîne ma douleur aux pompes du cercueil :

Sa tombe attend de moi le dernier sacrifice

Et les hymnes du deuil.

Belle ame, que trop tôt Le sort nous a ravie, D'un culte universel n’as=tu pas tressailli,

DE MADAME DUFRENOY. 171 l

Toi, qui de tous les maux, fruits amers de la vie, pi

Ne craignais que l'oubli ?

Du volage public l'indifférent silence

Te fit douter parfois de ton noble avenir :

Mais tu meurs, et ce jour aux fastes de la France ) J

Inscrit ton souvenir.

Comme un juge indolent, si la foule sommeille, Aux bruits des chantsrivaux qui s’élèventen chœurs, A la fin du combat sa justice s’éveiile

Pour nommer les vainqueurs.

Son arrêt sur ton front a posé la couronne.

Le poétique essaim de tes succès épris, Contemple avec respect l'éclat qui t’'environne

Et te cède le prix.

Qui pourrait y prétendre, et d’une main avide Ravir à ton cercueil ces lauriers éclatans? nn | Qui s’oserait asseoir à cette place vide

Où tu régnas long-temps?

nn 172 SUR LA MORT Ah! que ce rang suprême à jamais t'appartienne! Quel Français oublira, pour de nouveaux accords, a Celle qui réveilla la lyre lesbienne

Inconnue à nos bords?

Chants d’'amour,pursaccens dignes dusièeleantique, Mélodieux soupirs, chers au sacré vallon, Contre le temps ingrat votre pouvoir magique

Protégera son nom!

Mais que lui fait la gloire, autrefois son idole ? al Sans doute elle dédaigne en un séjour plus beau Ce bien, le seul pourtant, de ce monde frivole,

Qui nous suive au tombeau.

Le seul, ah! qu'ai-je dit, l'amitié plus puissante Sur les hôtes du ciel conserve encor ses droits; Et peut-être, parmi la foule gémissante,

Tu reconnais ma voix.

à | Eh bien, tu l’as voulu, j'ai rempli ma promesse ; ,] ;

J’ai chanté; dans mon sein étouffant mes soupirs,

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