LA FILLE DES FEES
Croira voir nos danses rapides Qui laissent sur les prés humides
Une empreinte, effroi des bergers.
Reçois nos dons! Par la lumière Des sept couleurs, brillant faisceau, Dans leur parure printanière
Les fleurs naîtront sous ton pinceau.
Reçois un don plus doux encore, Ravis à la corde sonore
Des accens de gloire et d’amours,
Et rends à ta noble patrie
Les jours de la chevalerie,
Et les chants de ses troubadours.
Reçois nos dons! Que sur ta bouche Règnent les séduisans discours,
Le mot qui plait, l’accueil qui touche, Et l’adieu qu’on retient toujours ; Dans tes yeux, ces régards de flamme, Où l'ame se révèle à l’ame,
Dans ton cœur enfin l'amitié,
Le don d’aimer pour être aimée ; L'induigence au soupçon fermée,
Et les trésors de la pitié.
Mais notre jeune souveraine,
Qui seule se taisait encor,
S’écrie : Un jour tu seras reine, J’en atteste mon sceptre d’or.
Ton front digne du rang suprême Embellira ce diadème,
Conquête et présent du guerrier :
Nous Le jurons par le mystère, Le feu, l'onde, l’air et la terre,
Et le rameau du coudrier.
Quoi'touslesdons?..tous!.. imprudente audace!, Mais vainement une sourde menace
Leur présageait Le courroux du destin...
Et chaque fée, en admirant sa grâce,
Laisse un baiser sur le front enfantin.
Des harpes d’or la voix éolienne,
Mourut alors comme un souffle lointain,
Et par degrés la troupe aérienne
S'évanouit aux lueurs du matin.
er,
Ca ET
ES © = ne =
Aver la morte innanzi gli occhi parme.