RETOUR A LA CHAPELLE
Voici la nef, et le pavé rustique
Qui résonnait au seul bruit de mes pas.
Non, ce n’est point un de ces vains mensonges Dont si souvent fut bercé mon sommeil; Je vois ces lieux qu’appelaient tous mes songes,
Ces lieux, témoins de mon premier réveil.
Ici mon œil sur le fleuve des âges Poursuit en vain quelques flots écoulés, Ou redemande à de nouveaux ombrages
Quelques rameaux par le temps dépouillés.
Je reconnais l’airain mélancolique Qui m'éveillait de son glas matinal, Ou proclamait la prière angélique, De mon repos fidèle et doux signal.
Qu'ils étaient purs les vœux que mon enfance Offrait alors à la Reine des cieux!
Qu'ils étaient beaux les jours que l'espérance
Laissait briller à mes regards joyeux !