SCENES DU PASSE
Jaillit loin des yeux du passant, Où la brise d'avril, d’une aile printanière, M’apportait en fuyant à travers la clairière,
L’odeur du feuillage naissant ;
Bords féconds et chéris, frais et riant théâtre, Où la lyre à la main ma jeunesse folâtre Ouvrit le drame de mes jours, Parfois quand du sommeil mes nuits sont délaissées, Votre image s’éveille, et des scènes passées
Je crois recommencer le Cours.
Je revois tour à tour la penchante colline ] Dont l’invisible écho, de ma voix enfantine, À répété les premiers airs ; Cet enclos ombragé cher aux plaisirs rustiques, 5 ji
Et de ceux que j'aimais les ombres fantastiques
Peuplent encor ses bancs déserts.
Voici la blanche église et l'autel de Marie, Et tous ces lieux alors chers à ma rêverie,
Où j'ai chanté, prié, souffert;