LA VEILLE DE NOEL
Tout dort hélas! je travaille et je veille; La paix des nuits ne ferme plus mes yeux.
Permets du moins, appui du malheureux,
Que ma douleur jusqu’au matin sommeille !
Pour mon enfant tourne, léger fuseau,
Tourne sans bruit auprès de son berceau.
Mais non rejette, à divine espérance:
Ces lâches vœux, vains murmures du cœur; Je veux bénir cette longue souffrance,
Gage certain d’un immortel bonheur.
Entre mes doigts guide ce lin docile, Pour mon enfant tourne, léger fuseau ; Seul, tu soutiens sa vie encor débile;
Tourne sans bruit auprès de son berceau.