‹ Poésies parisiennesChapitre 33 sur 71 · VEUILLOT CHEZ LA MUSE · texte numérisé non relu

VEUILLOT CHEZ LA MUSE

A CHARLES ASSEL1NEAU

Un soir d'hiver, las du ton Dont chaque jour il s'amuse A siffler le feuilleton.

Le bon Veuillot, nous dit-on.

Est allé trouver la Muse.

Galans, sigisbés, valets, Ne voulant pas, et pour cause.

L'admettre dans le palais, Chassaient à coups de balais

Ce transfuge de la prose.

132 VEIILLOT CHEZ LA Ml ^F.

Elle, clémente parfois Pour une si grande dame, En voyant ce fin matois, Si penaud et si pantois, . Sentit s'attendrir son âme.

« Qu'il vienne faire sa cour A mon lever, leur dit-elle :

Qu'il se repente à son tour D'avoir eu l'espoir, un jour, D'être aimé d'une Immortelle.

Ne craignez point quelque mal, Strophes, petites peureuses ; Il vient sans dessein brutal Se faire inviter au bal, Des Odes aventureuses.

Qu'il contemple, trop heureux, Leurs chastes ou folles rondes, Dont le mouvement nombreux S'accorde au rhythme amoureux Qui mène le chœur des mondes.

Alors, s'il n'hésite pas, S'il veut enti tr dam lu danse.

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