COMPLAINTE D'UN LUTIN FAMILIER
Je ne verrai plus, sous les clématites,
Courir, mes petites,
Vos beaux pieds de faons ; Et, dans les champs pleins d'haleines ambrées,
Vos tailles cambrées,
Vos mines d'enfants.
Qui me rendra donc vos coquetteries, Rieuses féeries
Du joyeux printemps"?
Vos babils mutins d'oiseaux sur les branches, Et vos robes blanches, Et vos dix-sept ans?...
Un quinquagénaire, époux respectable,
Vous poursuit à table
De son Grand Central, Et dans vos boudoirs remplis de douairières.
0 mes cavalières,
Souffle le mistral.
Les jeunes d'alors se sont faits notaires.
Ou propriétaires.
Ou bien marguilliers, Et songent aux yeux de leurs adorées
Moins qu'à leurs denrées
Ou qu'à leurs loyers.