‹ Poésies parisiennesChapitre 7 sur 71 · L'IDYLLE SUR LE QUAI · texte numérisé non relu

L'IDYLLE SUR LE QUAI

Le matin est charmant, mais la nuit est plus belle; Plus céleste est l'amour dans l'éther attiédi : Sous les frissons du soir l'âme ouvre mieux son aile Que sous Tardent manteau que lui jette midi.

Elle était près de moi, la chère, la divine,

Les yeux baissés, le cœur plein de recueillement,

Tandis que j'écoutais le vague battement

De son sein langoureux que ma lèvre devine,

Son sein qui tressaillait au bras du mieux aimant.

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Pourtant ce n'était point dans ces forêts chéries, Fantastiques palais de Mab et d'Ariel, Où se glisse parmi les nocturnes féeries L'amour furtif, l'amour presque immatériel.

Nous marchions au hasard, perdus parmi la foule. L'âme sait se créer un désert au milieu De tout ce flot banal qui bruyamment s'écoule... Ainsi deux alcyons voltigent dans la houle! Ainsi deux astres d'or flottent dans le ciel bleu!

Et moi-je regardais son ombrelle ou sa bague. Mais Paris déroulait ses quais devant nos yeux, Et la Seine mêlait sa plainte lente et vague Au paisible concert des bruits silencieux.

La cité calme avait des pompes grandioses Et les voix de la nuit s'élevaient comme un chœur. Tout semblait pacifique et rien n'était moqueur. J'effeuillais ces moments heureux comme des roses Dont le parfum suffit pour enivrer le cœur !

Et je m'écriais : « îsuit, tu vois comme je l'aime! 0 mère de l'oubli, berceuse des douleurs, Dis-moi, puis-je espérer la volupté suprême D'aspirer son sourire et de boire ses pleurs ?

l'idylle sir LE Ql'AI 35

« Sous le pieux abri de tes voiles mystiques, Prodigue-nous encor ces bonheurs poétiques, Puisque nous t'invoquons, ù grande sœur du jour, Puisque nous te chantons le plus pur des cantiques, Puisque nous te rendons le culte de l'amour ! »

Et la lune sourit à sa beauté songeuse ; Et je sentis — penseur que son rêve séduit — Descendre lentement sur ma tète orageuse La bénédiction sereine de la Nuit!

A YALEXTIXE

Comme eu Orient, pauvres fleurs, 0 cher Selam, allez lui dire Que je vous baignai de mes pleurs Et vous dorai de mou sourire ;

Qu'eu dépit du inonde moqueur, D'espoir vous ayant nuancées, J'ai mêlé, comme dans mon cœur, L'héliotrope et les pensées.

Dans cet assemblage coquet Il court une invisible flamme ; Et si vous sentez ce bouquet Vous y respirerez mon âme.

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