‹ PoésiesChapitre 24 sur 85 · AURORE PARISIENNE · texte numérisé non relu

AURORE PARISIENNE

Mais vous m'êtes meilleure en songe qu'autrefois. En songe votre bouche est douce et peu cruelle, Vous laissez s'appuyer mes lèvres sur vos doigts, Et vous dites des mots dont la musique est telle Que je reste éperdu d'entendre votre voix.

C'est de là que me vient cette gaité sans causes,

Cette facilité de me laisser charmer.

— Mais que demeure-t-il des clairs nuages roses?

Us palissent, le jour s'élève et vient semer

Son triste ennui banal et ses clartés moroses. —

Et que demeure-t-il de ce beau songe clair? Le beau songe d'amour laisse mon cœur plus vide, Et je rentre. — Les cris des marchands fendent l'air, Les lourds nuages gris courent au ciel livide, Et Paris se réveille avec ses bruits d'enfer.

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