FEMME M^IL^'DE
vJ'JE faites-vous, couchée et malade, à cette heure Où le ciel pale, ainsi qu'une femme qui pleure, Vous afflige, et vous trouble et vous navre le cœur? Entendez-vous du fond de votre palais morne Monter les cris de ceux qui, seuls, près d'une borne, Se couchent, pour dormir dans l'hiver et l'horreur?
Oh! si triste que soit le mendiant qui tremble Et qui prie, et que l'on repousse, et qui ressemble Plus aux bétes des bois qu'à l'homme, voyez-vous, Ces souffrances ne sont qu'un rêve près de celles Qui vous font, du milieu de vos heures mortelles, Vous plaindre — et de quel ton simple, discret et doux î
VOULEVTi -TXËCOCE
Il faut plaindre tous ceux qui n'ont pas eu de mère, Car leur espoir est triste et leur joie est amère. Même quand une main d'ami s'ouvre pour eux, Ils tremblent : on dirait qu'ils ont peur d'être heureux ; Et leur âme, avant l'âge à l'effort asservie, N'est pas apprivoisée aux douceurs de la vie.
Tel un oiseau, surpris vivant par l'oiseleur, Palpite, le cœur gros de crainte et de douleur, Dans la main d'un enfant qui doucement le presse, Et le pauvret se meurt d'effroi sous la caresse.