‹ PoésiesChapitre 46 sur 85 · IES BOL'OUETS DES PAUVRES · texte numérisé non relu

IES BOL'OUETS DES PAUVRES

Petites filles inquiètes

Qui mourez de faim et de froid

En vendant des fleurs pour nos fêtes,

X'étes-vous pas mes sœurs, à moi?

Pendant que j'écris pour ma dame

De fins sonnets capricieux,

Un autre possède son âme

Et baise, en riant, ses beaux yeux.

Mais elle, dure autant que belle, Lit mes sonnets et prend vos fleurs, Sans plus soupçonner que pour elle Nous avons tant versé de pleurs,

Et que, durant les nuits sans lune, Nous avons le désir, souvent, D'aller noyer notre infortune Dans le fleuve immense et mouvant.

Ce qui n'empêche pas, pauvrettes, Qu'on nous verra demain matin, En dépit des douleurs secrètes, Reprendre l'ouvrage incertain,

Et pour la foule ingrate et vile, Et pour la dame aux yeux pervers Composer d'une main habile Vous vos bouquets, et moi mes vers.

soir d'été.

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