LETTRE
Jous l'azur clair et chaud du ciel italien,
Si jamais tu voulais faire ton cœur du mien
Et que nous n'eussions plus à nous deux qu'une vie,
Sous cet azur divin dont la beauté convie
A jouir lentement de la fuite du jour,
Nous viendrions vieillir et mourir dans l'amour.
— Tu souris? Mais ici, sous ce ciel sans nuage,
Tu n'aurais pas le cœur de sourire, et, plus sage,
Sans souci de savoir si ton rêve est banal,
Tu laisserais, au gré du veat méridional,
S'effeuiller l'arbre en fleur de nos belles jeunesses.
Viens où les grands amants ont aimé leurs maitresses
De l'amour vrai qu'en France a tué la raison.
Ose être heureuse, fût-ce une seule saison.
*A <Antony Valalrègne.
Jes beaux yeux bleus m'ont regardé longtemps. Étonnement, qui sait? ou moquerie?
Un peu d'amour et de coquetterie...
Que ces regards étaient doux et tentants!
Elle riait en me montrant les dents :
Des fleurs, du vent, du soleil, de la pluie. Rien, c'est assez pour qu'une femme rie, Et c'est pitié des songeurs imprudents.
Pitié de ceux qui s'en vont par les rues
Suivre de loin les femmes apparues
A l'heure calme où le ciel est changeant,
SOUVENIRS DU LEVANT. I 29
Lorsque la lune et son brouillard d'argent
Font ressembler les premières étoiles
A des yeux bleus sous de féeriques voiles.
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