‹ PoésiesChapitre 53 sur 85 · FANTAISIE DU NORD · texte numérisé non relu

FANTAISIE DU NORD

Je vois, frappé d'un sortilège, Au clair de lune voltiger L'essaim féerique et mensonger Des elfes sur les perce-neige.

Et je suis amoureux des yeux D'une Norvégienne innocente Qui veut que mon désir consente A ne plus fuir vers d'autres deux.

C'est peu de dire qu'elle est blonde Comme un soleil du mois de mai ; Comme un beau lac, vaste et calmé, Son âme est douce, mais profonde.

O Norvégienne aux 3-eux si bleus, Petite fille au cœur si tendre, Parle-moi, car j'aime à t'entendre Me dire un récit merveilleux,

Où, dans les lointains clairs et vî Des ondines aux blanches mains Se promènent sur les chemins Tumultueux des larges vagues.

LA VIE ÎNQJJIETE.

SOUVENIRS DU LEVANT

^4 tAllert Caben.

O'il est un souvenir où se plaisent nos âmes, Qui nous semble plus doux, plus cher, plus décevant A qui notre regret s'attache plus souvent, Oh ! dites, n'est-ce pas le souvenir des femmes Dont la beauté fleurit sous le ciel du Levant?

Nous les vîmes un jour, et c'était dans les îles

Où les verts aloès se tordent au soleil.

Il en est dont le charme obsède mon sommeil,

Et moi: rêve revoit leur front, leurs yeux tranquilles,

Leur sourire, à celui des déesses pareil.

SOUVENIRS DU LE •.'AN T

Mais il est d'autres yeux, il est d'autres sourires Eutrevus sous l'azur du ciel — Oh! dites, votre cœur bat-il comme le mien' Qui font soudain en moi s'éveiller mille lyres,

Et les femmes de Rome, et les femmes de Zante, Et celles qui dansaient dans l'ile de Corfou, Et celles qui passaient, allant je ne sais où, Sur la plage où s'étend Naples retentissante ; Oh! toutes ces beautés tentent mon désir fou.

Cher Albert, voulez-vous partir? je tends les voiles, Venez, la barque est prête et les flots sont chanteurs. Allons-nous-en parmi ces pays enchanteurs Saluer la clarté de nouvelles étoiles, Et des verts citronniers respirer les senteurs.

Tandis que nous pensons aux amours comn:; Comme on pense aux romans entr'ouverts un matin, Scus les climats heureux où s'est fait leur destin, Ces femmes ont peut-être envoyé leurs pensées Vers les deux étrangers, fils d'un soleil lointain.

Et plus d'une peut-être entre ces étrangères Se répète à mi-voix qu'elle nous eût aimés ; Et plus d'une, le long des sentiers parfumés, S'enivre ainsi que nous des douceurs mensongères Des beaux songes d'amour sitôt morts que formés.

Que de désirs perdus se croisent dans l'espace, Que de pleurs répandus dans de muets combats, Que de baisers jetés par des enfants, tout bas, Au vent qui ne dit pas son secret quand il passe ! Oh! dires, que de mots d'amour on n'entend pas!

SOUVENIRS DU LEVANT

%OSoi, LU HOSE

v>omme les roses du sentier, La petite Rose est farouche.

Tout son charme est encore entiei Comme les roses du sentier, Et son cœur est un églantier Où se pique la main qui touche.

Comme les roses du sentier, La petite Rose est farouche.

La petite Rosa n'a rien

Que sa fraicheur de fleur sauvage.

N'était son rire italien,

La petite Rosa n'a rien.

Elle est servante et fait si bien Qu'on reste avec elle en servage.

— La petite Rosa n'a rien Que sa fraîcheur de fleur sauvage.

SOUVENIRS DU LEVANT

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