‹ Poésies posthumes, 1874-1876Chapitre 12 sur 55 · G POÉSIES POSTHUMES · texte numérisé non relu

G POÉSIES POSTHUMES

Sur les rampes du ciel mollement accoudée, Comme une veuve, belle encor, quoique fardée, D'un air si provocant, d:un œil si langoureux.

Elle me regardait, la jaune enchanteresse, Que j'en suis devenu follement amoureux. Depuis ce temps, la Lune est ma seule maîtresse.

SONNET

IN ou s étions seuls tous deux, sur un bon canapé, (Je dis seuls, car N — ronflait d'une manière A faire croire un ours au fond de sa tanière!) Et de te contempler j'étais tout occupé !

J'avais entre mes mains un livre doux et tendre, Ce Musset, ce poète adoré des amants; Mais moi, le lisant mal, et toi, loin de l'entendre, Nous nous laissions aller à des rêves chaînants !

l8 POÉSIES POSTHUMES.

Je te voyais si belle et si pleine de grâce Que je restais, les yeux attachés à ta face, Tandis que tu fermais les tiens nonchalamment ;

Bientôt, m'enhardissant, j'approchai, je l'avoue.

Et j'osai déposer un baiser sur ta joue !...

... Mais, hélas! tu dormais, et bien profondément

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