DERNIERS REGRETS
J e vous aimai, Madame, une semaine, un mois, Peut-être plus encore; et j'aurais bien cent fois
Pour vous risqué ma vie !
Je m'étais laissé prendre à votre attrait trompeur, Et je cédais alors aux faiblesses du cœur Que la beauté toujours convie !
Si cet amour m'a fui, non, ce n'est pas à moi Qu'il faut attribuer ce changement de foi ;
Non, non : c'est à vous-même.
Il ne tenait qu'à vous que cet amour réel Demeurât dans mon cœur, immuable, éternel ; Vous lui donnez le coup suprême.
ii-2 POESIES POSTHUMES.
Et maintenant, Madame, il s'est évanoui ; A jamais il sera dans mon âme enfoui ;
Pour vous je n'ai plus de tendresse.
A la place, je trouve un double sentiment : La pitié, le dédain qu'excite un cœur qui ment .. Je cours vous oublier près d'une autre maîtresse.