‹ Poésies posthumes, 1874-1876Chapitre 14 sur 55 · DERNIERS REGRETS · texte numérisé non relu

DERNIERS REGRETS

J e vous aimai, Madame, une semaine, un mois, Peut-être plus encore; et j'aurais bien cent fois

Pour vous risqué ma vie !

Je m'étais laissé prendre à votre attrait trompeur, Et je cédais alors aux faiblesses du cœur Que la beauté toujours convie !

Si cet amour m'a fui, non, ce n'est pas à moi Qu'il faut attribuer ce changement de foi ;

Non, non : c'est à vous-même.

Il ne tenait qu'à vous que cet amour réel Demeurât dans mon cœur, immuable, éternel ; Vous lui donnez le coup suprême.

ii-2 POESIES POSTHUMES.

Et maintenant, Madame, il s'est évanoui ; A jamais il sera dans mon âme enfoui ;

Pour vous je n'ai plus de tendresse.

A la place, je trouve un double sentiment : La pitié, le dédain qu'excite un cœur qui ment .. Je cours vous oublier près d'une autre maîtresse.

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