‹ Poésies posthumes, 1874-1876Chapitre 17 sur 55 · A LEON OSTROWSKI · texte numérisé non relu

A LEON OSTROWSKI

O'est lui! son œil brillant lance des étincelles;

La terre tremble sous ses pas.

Son burnous aux longs plis flotte comme des ailes,

Comme les ailes du Trépas.

Cent fois aux ennemis il offre sa poitrine;

Mais la mort ne veut pas de lui ; Et, dès que son cheval entre dans la ravine,

Déjà les ennemis ont fui!

Qu'il est beau, quand, suivi de ses guerriers rapides,

Il galope le sabre au poing, Versant ses cavaliers, ses Maures intrépides,

Sur l'ennemi qui fuit au loin!

Il faut le voir voler sur le champ de bataille,

Avec sou cheval écumant, Superbe, dominant tout de sa haute taille :

Le combat est son élément.

De la sombre couleur sa veste blanche est teinte.

Rouge du sang qu'il a versé; Et longtemps, bien longtemps, le sol garde l'empreinte

Du noir sillon qu'il a tracé !

Son courage s'accroît lorsque s'accroît le nombre

Des ennemis et le danger!

Le soleil, quand il passe, est voilé par son ombre

C'est le fier sultan de Tancer!

Page 1