‹ Poésies posthumes, 1874-1876Chapitre 22 sur 55 · REVEIL · texte numérisé non relu

REVEIL

Lautre soir, chère amante (hélas ! ton cœur léger A-t-il pu l'oublier si vite ?), ma pauvre âme, Qu: rien depuis longtemps ne pouvait soulager, A senti doucement se rallumer sa flamme !

J'étais auprès de toi; calme, je contemplais

Ton visage divin, ta beauté de sirène,

Tes attraits enchanteurs, et je me rappelais

Tous mes maux d'autrefois, qui me quittaient à peine

Je sentais peu à peu ma blessure guérir,

Et la joie en mon âme avec toi refleurir !

Comme on voit, au printemps, une timide rose S'entr'ouvrir lentement aux rayons du soleil, Ainsi mon cœur ému, douce métamorphose!

Reprenait sa vigueur et sentait son réveil.

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