‹ Poésies posthumes, 1874-1876Chapitre 23 sur 55 · PO KSI ES POSTHUMES · texte numérisé non relu

PO KSI ES POSTHUMES

Ce n'était point alors la volupté stupide,

Plaisir matériel que le corps seul ressent ;

Ce n'était point aiors cet amour insipide,

Qui ne dure qu'une heure et n'a rien de puissant !

Non. C'était le bonheur qu'auprès d'une âme aimée

Une autre âme, vraiment éprise, peut sentir ;

C'était la jouissance idéale, exprimée

Seulement par des pleurs qui ne peuvent mentir.

Auprès de toi, mon mal s'en allait aussi vite Qu'il avait pénétré dans mon cœur amoureux ; ... Mais bientôt il fallut terminer ma visite, Et, cessant de te voir, je cessai d'être heureux !

SONNET

1 l faut, pour être heureux, tant d'aises dans la vie

Que rare est la prospérité ; Notre incessante soif de joie et de gaîté

Reste toujours inassouvie.

Par chaque homme, ici-bas, sans cesse poursuivie,

Trompeuse est la félicité !

A ceux dont le sort est meilleur et plus vanté

Gardons-nous de porter envie !

N'approfondissons rien : ceux qui semblent heureux

Bien souvent sont le plus à plaindre ; Ne les envions pas, prions plutôt pour eux !

Ici-bas il faut toujours craindre D'en trop savoir, hélas ! et, pour vivre assez bien, Ne rechercher le fond de rien !

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