A P A IT L H A A G
L a Lune et le Soleil, amants infortunés, Sans s'atteindre jamais se poursuivent sans cesse ; Quel crime ont doue commis Phœbus et sa maîtresse Pour qu"à se suivre en vain Dieu les ait condamnés?
Tantales de l'amour, ils ignorent l'ivresse Qu'éprouvent les amants heureux et les époux; Lorsque le dieu s'approche, un nuage jaloux A ses yeux désolés dérobe la déesse!
Moi, j'ai vu bien souvent la femme que j'aimais. Sans pouvoir réussir à me faire aimer d'elle; Pourtant mon infortune est moins grande que celle Des immoriels amants qui ne se voient jamais!
Un jour Dieu daignera m'arracher à la vie, Et j'irai reposer en paix sous le gazon ; Eux, ils ont devant eux l'éternel horizon D'une amour réciproque, et jamais assouvie
SONNET
wue faut-il pour me faire oublier mon passer Un baiser de ta bouche, une chaste caresse, Et devant ta candeur, ô blonde enchanteresse, Tu verras refleurir mon pauvre cœur froissé !
Tu recèles en toi, mon beau lys élancé,
Les trésors infinis d'une calme tendresse :
Que faut-il pour gulrir la douleur qui n/oppresse?
Qu'un seul de tes regards sur moi soit abaissé !
Viens donc, brillant soleil, viens percer les nuages Lève-toi dans mon ciel ! Dissipe les orages Qui tuèrent en moi tous les bons sentiments !
Toi seule, désormais, tu règnes sur mon être : Penche-toi sur ma vie, et je m'en vais renaître. Ressuscité par tes divins embrassements !