‹ Poésies posthumes, 1874-1876Chapitre 34 sur 55 · A MA MUSE · texte numérisé non relu

A MA MUSE

Four quoi m'as-tu quitté, Muse divine et tondre. O plaisir de mes nuits, ô gloire de mes jours ! Pourquoi sur ton amant ne viens-tu plus répandre Tes flots de poésie et tes parfums d'amours ?

Pourquoi ne viens-tu plus m'inspirer et m'entendre ? Est-il donc un poète aux célestes séjours Qui te charme, et vers moi t'empêche de descendre ? Ma Muse, auprès de lui resteras-tu toujours?

Vers moi reviens bien vite, ou crains que quelque femme Ne s'empare bientôt de mes sens, de mon âme; O Muse, hâte-toi ; Muse, reviens vers moi !

Car, lorsque tu voudras reprendre ta conquête,

Une muse terrestre aura pris ton poète,

Moins divine, à coup sûr, mais plus femme que toi.

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