LA MAIN
J'aime la blancheur de la main.
Le doigt bien fin, Tongle bien rose La pâleur, auprès du carmin.
Repose !
Quand je vois une belle main, La nuit je la retrouve en songe, Et souvent tout le lendemain J'y songe!
Et si quelque femme, demain.
Me plaît et m'attire près d'elle, On pourra dire que sa main Est belle !
SONNET
J'ai voulu découvrir cet éternel mystère : Être heureux ici-bas ! Comme le naufragé, Sans cesse par les flots en fureur assiégé, Partout cherche des yeux quelque île solitaire
Ainsi, pour obtenir ce baume salutaire, Pour atteindre au bonheur, je n'ai rien négligé Mais vainement, hélas ! j'ai tout interrogé : A l'horizon sans fin n'a paru nulle terre I
Mon voyage ici-bas est près d'être achevé : J'ai cherché le bonheur, et je n'ai rien trouvé Qu'un abîme de maux, une mer de souffrances ;
Des chaînes du malheur je sais chaque chaînon ; Depuis longtemps mon âme est vide d'espérances, Et j'ai dit au bonheur : « Bonheur ! tu n'es qu'un nom !