‹ Poésies posthumes, 1874-1876Chapitre 37 sur 55 · NOX ALMA · texte numérisé non relu

NOX ALMA

L'heure des baisers, tendre et salutaire. L'heure de l'amour enfin a sonné; Sur son char obscur, d'étoiles orné, Lentement la Nuit desceud sur la terre.

C'est l'instant charmant et plein de mystère Où, de mille feux brillants sillonné, Le ciel peu à peu s'est illuminé ; C'est l'heure où l'amant rêve solitaire

Tout parle d'amour : on sent voltiger, Doux et caressant, un zéphyr léger ; La Lune paraît, et sa flamme pâle,

Projetant sur nous son reflet aimé.

Répand dans la nuit sa clarté d'opale; Et de frais parfums l'air est embaumé !

SONNET

(^'est demain le grand jour, demain l'heure suprême, Où tu vas, pauvre enfant, à ta virginité Dire adieu pour toujours, quand ton sein agité Va s'offrir aux baisers de cet époux qui t'aime.

Quitte-le sans regret, ce sacré diadème Delà douce candeur et de la pureté, Et prends sans peur celui de la maternité : Des plus saintes vertus il peut être l'emblème.

Alors, quand vous serez mère, et que vos enfants. Joyeux, vous donneront leurs baisers étouffants, De moi souvenez-vous, Madame;

Faites sans hésiter, en me tendant la main, De cet amour d'hier l'amitié de demain : C'est le seul souhait de mon âme.

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