‹ Poésies posthumes, 1874-1876Chapitre 39 sur 55 · A CHARLES D E S F O N T A I X F · texte numérisé non relu

A CHARLES D E S F O N T A I X F

jalut à toi, nouveau chanteur.

Qui viens goûter notre ambroisie !

Au royaume de poésie Sois le bienvenu, fier lutteur!

Dans notre pays enchanteur, Viens, puisque c'est ta fantaisie !

Salut à toi, nouveau chanteur, Qui viens goûter notre ambroisie !

A la Muse donnant ton cœur, Dans l'arène que j'ai choisie, Plein d'une noble frénésie, Tu descends, superbe et sans peur!

Salut à toi, nouveau chanteur!

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LE SONNET

A MA SOEl'R

Kespectez-ia toujours, cette forme que j'aime, Cette forme divine et pure qu'Apollon Autrefois inventa dans le sacré vallon, Et qu'il fit resplendir d'une beauté suprême!

Sur ton front gracieux posons le diadème ;

O Sonnet, toi qui n'es ni trop court, ni trop long,

Qui tantôt es Zéphyr et tantôt Aquilon,

Quel que tu sois, tu vaux toujours mieux qu'un poème.

Que de méchants auteurs t'ont péniblement fait, Qui sans repos longtemps ont torturé leur tête, Pour mettre un avorton au jour, non un Sonnet

La source vive sort, et, sans que rien l'arrête, Des fentes du rocher s'élance d'un seul jet: Ainsi tu dois jaillir de l'âme du poète!

SONNET

GEORGES E I S S t

JLJan? le petit salon aux nuances foncées, Où, sur la cheminée, agile et gracieux, Trône le dieu du vol, le messager des cieux, Le complaisant Mercure aux formes élancées,

Tout parle de bonheur, et d'amours amassées : Sanctuaire élégant, calme et délicieux, On ne saurait trouver q l'il n'est pas spacieux. Tant il y tient toujours de charmantes pensées!

Mais ce qui plaît le plus dans ce séjour heureux, Ce sont les deux époux, non, les deux amoureux, Pour qui la vie es. une éternelle caresse.

On dirait deux oiseaux folâtrant dans leur nid, Qui se becquettent, pleins de joie et de tendresse, Et lancent leurs chansons d'amour à l'infini !

SONNET

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