‹ Poésies posthumes, 1874-1876Chapitre 9 sur 55 · AU CIMETIERE · texte numérisé non relu

AU CIMETIERE

L/éja l'automne arrive avec ses sombres jours. Ses heures de tristesse, et ses feuilles jaunies; Elle est bien loin, déjà, la saison des amours : Ses charmes sont éteints et ses grâces ternies.

Un vent sec et froid pleure à travers les tombeaux; Le soleil est voilé par une brume grise ; On n'entend que le cri d'angoisse des corbeaux Et le gémissement sinistre de la bise.

C'est là que je viens seul, par ma douleur guidé; Mon âme désolée y trouve bien des charmes : Le sol triste et fangeux paraît avoir gardé

L'empreinte, humide encor, de ce fleuve de larmes. De regrets douloureux et d'éternels remords, Qu'ont versé les vivants sur la cité des morts.

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