‹ Poésies posthumes, 1874-1876Chapitre 10 sur 55 · A L'AUBE · texte numérisé non relu

A L'AUBE

5hr son char rapide, la Nuit S'envole, triste et blanchissante, Et chaque étoile pâlissante Dans les cieux en tremblant la suit.

Le Jour paraît; le léger bruit D'une brise rafraîchissante Vient saluer l'Aube naissante Et le Soleil levant qui luit.

Déjà la rougissante Aurore, Craintive et nuageuse encore, Revêt les maisons d'alentour

D'une teinte pure et vermeille, Et semble promettre un beau jour A la cité qui se réveille.

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SONNET

J\. i m E-moi, chère enfant, aime-moi : le temps passe. Et d'une aile rapide il s'enfuit dans l'espace ; Il s'envole! et bientôt ta beauté périra, Et de tous tes attraits aucun ne restera.

Aime-moi; car l'amour est semblable à la flamme, Qui d'abord luit, puis meurt; de même, pour la femme. Le charme, avec le temps, disparaît pour toujours; Et le temps ne peut être arrêté dans son cours !

Cest ta beauté qui plaît, jeune bouton de rose ; C'est ta fraîcheur qu'on aime, ô fleur à peine éclose. Va! ne diffère pas : réponds à mon amour.

Aime-moi; car bientôt, quand de ses mains cruelles La vieillesse t'aura saisie, — à tire d'ailes S'envoleront ta grâce et tes attraits d'un jour!

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