‹ Poésies posthumes. Avec une noticeChapitre 34 sur 76 · IMPROVISÉ PENDANT UNE PARTIE D'ÉCHECS · texte numérisé non relu

IMPROVISÉ PENDANT UNE PARTIE D'ÉCHECS

Cavaliers, tours, roi, reine et fous, tout se regarde: Les chefs (comme toujours) derrière les soldats; Le fou dans la mêlée en brave se hasarde , Les cavaliers prudents s'avancent pas à pas;

La reine crie en vain : « La tour, la tour! prends garde ! » Sa voix ne peut percer la clameur des combats; Elle parcourt les rangs, échevelée, hagarde, Et pleure ses sujets frappés par le trépas.

De ce jeu mon esprit ne comprend point la ti'amo . Mais un seul mot de vous me l'explique, Madame; « Quand on n'a plus sa reine, on est bien malheureux ! »

On vante les échecs, en tous lieux on les nomme Jeu des rois, roi des jeux : cela se peut ; — en somme . Ce ne sera jamais le jeu des amoureux.

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