‹ Poésies posthumes. Avec une noticeChapitre 33 sur 76 · L'AMPHORE · texte numérisé non relu

L'AMPHORE

Je possède une amphore en verre de Venise, Au col mince , au flanc large , au galbe pur et fier; Elle tremble et frémit au moindre souffle d'air, J'ai peur qu'un papillon dans son vol ne la brise.

Dans son sein est enclose une liqueur exquise : Un vin grec, couleur d'ambre, impétueux et clair; Ma lèvre desséchée à larges flots y puise Et la flamme, et la fièvre, et l'ivresse , et l'éclair I

Regarde bien ce vase où dorment les orages, Et l'infini du rêve et ses profonds mirages : Jeune femme, c'est là l'image de ton cœur;

De ton cœur, où mon âme a puisé palpitante La flamme de l'amour, la fièvre de l'attente, L'ivresse du plaisir et l'éclair du bonheur!

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