RENCONTRE
(fragment.)
Vous alliez à l'égHirC et je vous ni suivie
Pas à pas, lentement, l'âme toute ravie;
Pour ne point vous troul)ler, je restais à l'écart,
Et je vous observais d'un fraternel regard:
Tout en vous respirait la grâce intérieure
Qui règle la pensée et qui la fait meilleure;
Je lisais la candeur et la sérénité
Sur votre chaste front par le calme habité.
Parfois mes yeux hardis, cherchant vos yeux placides,
Sondaient votre pensée aux profondeurs limpides,
Et soudain vos longs cils, comme un voile discret,
S'abaissaient pour cacher votre intime secret.
Vous aviez, en marchant vers l'église bénie,
Je ne sais quelle grave et sereine harmonie.
Et les oiseaux du ciel, se berçant dans l'air bleu,
Disaient: « faisons silence, elle va prier Dieu ! »
Près du chœur, souslanef, d'encens tout embaumée,
Je vous vis occuper la place accoutumée,
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()u\rir votre lui&sel et vous mettre ;i genoux. «le choisis à l'écart un endroit près de vous, Derrière un des piliers de l'obscure travée; Là, sans vous en douter, vous fûtes observée. Et votre âme monta, pure, vers l'infini, Comme un oiseau captif qui regagne son nid. Par le recueillement vous sembliez bercée; tSur vos lèvres mes yeu:< lisaient votre pensée : Je vis sur votre front l'espérance briller: Je comjtris la prière en vous vov'ant prier. Comme un éclair perçant tout à coup la nuit noire. Un souvenir d'enfance éclaira ma mémoire , Et quand l'orgue redit en sons aériens La magistrale ampleur des chanis grégoriens . Mon àmc s'exalta dans un transport mystique . Et je balbutiai les vers du saint cantique , Comme un air endormi dans les lejjlis du cœur. Qui remonte à la lèvre en un jour de bonheur.
Décembre isei.