‹ Poésies posthumesChapitre 10 sur 125 · LA SECONDE ET DE LA TROISIÈME JEUNESSE DU VIEUX PHILOTHËB O'NBDDY · texte numérisé non relu

LA SECONDE ET DE LA TROISIÈME JEUNESSE DU VIEUX PHILOTHËB O'NBDDY

Vingt oultoi différents.

Du stnpids uoiT^n bisofutauri ou tyrani. Ont piué. Cherchec-lai dini U candre de Komal Uaii il reata à JioiBii nu tond du cœui da l'homme Daux sanlimanti diTinaj plua forta qua la trépu : L'amour, U libaiIA, dieui qui oa mourront p»? Lauibtini.

Dans ma prime jouvence, ivre de fantaisie.

De rêvea et d'orgueil, — je me crua le pouvoir

Oe semer, de planter un champ de poésie

Où naîtrait maint bel arljre et mainte fleur clioisie.

Et que pas un poëte un jour ne saurait voir

Sans grande estime au cœur, sans quelque jalousie.

Je me mis donc à l'œuvre — en hésitant d'abordt

A Taspect du terrain que m'assignait le sort.

C'était, sous un ciel morne, une lande sauvage.

Nulle vie alentour. Bien dans le voisinage

Qui pût encourager, protéger mon effort.

Ni cultures, ni toits. Point de mer, point d'ombrage,

lit.

Mais je dressai la tête et délibérément

Je tirai vanité de cet isolement. —

C'est bien — fis-je —étant seul, on verra mieux ma gloire.

— Ha gloirel oui, ce gros mot, je le dis brarement ; Et, leurré saos merci des songes de Mémoire, Je remuai ma terre assez allègrement.

Op c'était une terre inféconde, pierreuse.

Elle aurait demandé, pour être généreuse.

Qu'on la chargeât d'engrais bien des jours, bien des nuits.

Un tel labeur voulait une main vigoureuse.

Lamtenne, hélasl n'était qu'ardente et queflérreuse...

Et puis, il me tardait d'aviser mes produits.

Ce qui vint en premier — fleurs, buissons verts, flots d'herbes -

Affectait la puissance et la vitalité.

J'y croyais voir du lustre — à défaut de beauté.

Floraisons, frondaisons môialeat leurs folles gerbe

Aucuns arbustes nains tâchaient d'être superbes.

Certains cactus prenaient des airs de nouveauté.

Le ciel, qui, jusque-là, s'était montré lugubre, Me sembla devenir moins noir et moins méchant, Son crêpe s'entr'ouvrit. Deux rayons du couchant. Comme deux longs regards, caressèrent mon champ. Je crus sentir flotter une brise saiubre. Et l'ouïr dans mes fleurs murmurer comme un chant.

vu.

Faux rayons. Faux zépkirs. — De plus obscurs nuages S'amassèrent. — Le nord souffla. —Ses sombres rages

De tempête et de nuit vinrent n Oppressé, j'entendis, dans mes frêles feuillages, D'horribles veots siffler, hurler et ricaner, Des vents d'une fnrie à tout exterminer.

Aussi, lorsque le jour reparut dans ma zone

[Le jouri je devrais dire un crépuscule jaune).

Je pus voir, plus dolent qu'un lépreux sans aumdne.

Le sac des arbrisseaux, des plants de mon pourpris.

Un grand nombreétaîent morts. Beaucoup pendaient meurtris.

Tous ceux qui n'étaient pas IVappés — étalent flétris.

L'espoir me délaissa. Puis l'orgueil. Puis l'audace, Uais non la passion. Dans mon fkme aux abois. Elle resta debout, nerveuse, âpre, tenace. £lle me ramena de force — à cette place, Où je recommençai l'œuvre plus d'une fois... Sans meilleure fortune, avec même disgrâce.

Oui, toujours — lorsqu'enfin le sol, dur à s'ouvrir. Portait une feuillée en humeur de fleurir. Quand les gazons semblaient s'émailler et verdir, -- Un grand vent s'élevait féroce — un vent d'Erèbe, Qui foulait sans pitié la Qore de ma glèbe. Comme un tyran vainqueur foule une pauvre plèbe.

Si j'avais eu des forts le lyrique secret.

Au lieu d'humble bruyère et de faibles arbustes.

J'aurais semé des pins et des cbëoes robustes. J'en aurais fait pousser une entière forêt, Laquelle eût ri des vents sous ses dômes augustes. Et qui, dans sa puissance, encore les défierait.

Comme on eût admiré ses solides pilastres 1 — Hais en moi, hors de moi, je trouvais l'interdit. Ha vigueur c'était rien que fièvre, je l'ai dit. Je n'avais point reçu l'influence des astres. Mou terroir, jusqu'au tuf, n'était-il pas maudit? Tout enfin commandait, assurait mes désastres.

Cependant quelquefois, une aube éclaircissalt Mes limbes un instant. Dans mon ciel gris passait. Plein de turaiëre, un ange aux sourires splendldes. Vers mes rameaux, son vol alangul — s'abaissait. Il cueillait une fieur... et, dans ses mains candides. Comme lui, tout à coup, la fleur éblouissaitl

Ce n'était qu'an moment, trop rapide — et bien rare

Mais que'sa volupté me remontait le cceurl

Comme j'en bénissais la destinée avare !

Je lui disais i e Tu peux, d'ailleurs, rester barbare.

« Cette félicité compense ta rigueur.

« Tu ne me dois plus rien. J'ai ma part de bonheur. >

Un autre charme encor — le culte du génie — Me maintenait stoique et vaillant à la vie.

— J'allais assidûment contempler les jardins

Que tiraient des sIIIods d'une terre bénie, Les maîtres que l'on sait, modernes Aladins, Au lieu de lampe, armés du luth de Poljrmnie.

XTI.

J'admirais s'étalant, régnant sous des cîeux d'ort Parterres et massifs, pelouses et corbeilles; Vergers luxuriants, clairs Tiviers, riches treilles; Labyrinthes, grands bois, prés, cascades vermeilles,

— L'orage enveloppait parfois tant de merveilles. Elles s'ea dégageaient plus brillantes encor.

Oh! l'admiration!... Dieuxl que ce vin de Oamme,

En coulant dans mon sang vierge d'envie infâme.

M'illuminait l'esprit, me fortidalt l'Urne !

— D'autre part, mon orgueil souriait relevé.

En voyant çà et là ce que j'avais rêvé,

Par les Princes de l'art produit, paraclievé.

Mais le sort s'irrita de ma libre attitude

Et de l'heur dont j'avais tout bas le cœur muni.

Le moment vint, terrible, où je tombal puni :

J'attendis vainement, pâle en ma solitude.

Que l'ange visitât mon horizon terni.

L'ange — b pauvre âme I — avait sombré dans l'intini.

Longtemps, plein de stupeur, j'hahitai les ténèbres... Ayant abandonné, sans dessein de retour.

Mon misérable cbamp si rebelle au labour, Enseveli, perdu dans mes songes funèbres. Je ne voyais plus pien de ta vie et du Jour Et je n'entendais plus vibrer les noms célèbres.

Je finis cependant par vivre en cette mort. Le moyen d'éviter le souffle magnétique De notre siècle oseur, voyant, démocratique! L'esprit nouveau revint sur moi ^ brillant et fort; Et, sans rien profaner de mon deuil extatiqoe, 11 sut galvaniser mon cœur paralytique.

Bientôt Je retournai palpiter dans les rangs

De la foule zélée accourue au passage

Des preux de l'avenir, qui portaient haut l'image

De la dive Équité, méduse des tyrans,

Et qui juraient d'atteiadre en penseurs conquérants

L'idéai du poëCe et le réel du sage.

L'enthousiasme au loin s'étendait — et ces preux De moment en moment devenaient plus nombreux. On les applai^lssait. On avait l'âme en fête. On raillait du passé les soldats ténébreux. D'un espoir inlinl rayonnait chaque tête. . On savourait déjà l'infaillible conquête.

Il se leva le jour où l'on crut la tenir 1

Où le peuple affranchi, dans sa joie et sa force,

Crut pouvoir à son tour ]e faire retentir,

Ce cri que notre Homère en ses chanta fait sortir

Du superbe poitrail de l'Acbille de Corse :

— L'avenir! Tavenlr I France, à toi l'avenir! —

Elle se remontra, la sainte République; Rt si belle, grands dieuxl sereine, pacifique. Débonnaire — abdiquant le Delta carnassier. Rejetant la coiffure écarlate — et la pique. Et, pour son dictateur et son grand justicier, Présentant à l'Europe un Barde-Chevalier!

Certes, elle commit, dans sa pure victoire,

Des excès de clémence aussi grands — noble erreur 1

Que sous les triumvirs ses excès de fureur.

Cette chevalerie expia la Terreur,

— Marchands du temple juif, Thersites du prétoire.

Vous n'effacerez pas cette page d'histoirel

Ses ennemis, alors, l'adoraient à genoux.

Tous, Pharisiens, Docteurs, Scribes, Princes des prêtres.

Plus que les vieux Brutus, en paraissaient Jaloux.

Si bien qu'émerveillés, nous disions entre nous : — • Frères, bénissons Dieu 1 Les justes sont les maîtres. » — Misère I nous comptions sans les fous — sans les traîtres !

XÏVII.

Érostrate et Judas surgirent de renfer.

L'un jeta ses brandons. L'autro empoisonna l'air.

1« POÉSIES POSTHDHES.

Les hiboux de lïrtufe, amoncelée sans nombre. Entre le jour et nous mirent leur masse sombre. L'étoile du Progrès disparut sous cette ombre: Et TAnge-Llberté remonta dans l'éther.

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