‹ Poésies posthumesChapitre 11 sur 125 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

Mon ame retomba — plus que jamais défaite.

Cependant cet autre ange, il vit l De sa retraite,

n saura redescendre! 11 reviendra vainqueur!

— HalsquandTL'borloge est lente... ohl rageuse langueur

Ciel! endurer — ce que rmstorien-poëte

Nomme si bien « du temps l'Implacable longueur » I

Sevré de mes bonheurs, blessé dans tous mes cultes. Je m'enfermai farouche en un grand désespoir. Là, donnant audience à mes regrets occultes. Je laissai l'un d'entre eux tellement m'émouvoir Que je cédai, naguère, au souci de revoir L'Infortuné jardin de mes rimes Incultes.

Or le dieu de l'endroit, ce n'était plus Phébus; Cétalt l'afifreux Pluton : il y régnait, l'intrus ! Tout était mort. Plus rien des essais de charmilles. Non, rien. Pas même un brin d'herbe, — un dard de cactus. Partout en noirs monceaux feuilles sèches, ramilles. Partout le plus sinistre et morne détritus.

J'en ai mis en réserve un amas. — Pourquoi faire? - Pour ui^e oSïande. — Â qui ce présent funéraire!

A dea vivantsT — Hon pas. J'aurais honte et remords. — A des morts? — En effet, je destine & dea morts L'hommage désolé de ces feuillages morts, A ceux des miens déjà descendus sous la l«rre.

Voici donc que je viens, mes trépassés cliéris, Verser sur vos tombeaux ces intimes débris. Vous qui, pénétrant tout, savez mon Ame — Esprits— De lenr triste néant vous n'aurei pas mépris. Laissez-les, s'enfonçant dans vos calmes abris. Partager votre paix, dont je me sens épris.

Moi, viemc rêveur stérile, assis parmi vos pierres. Je n'ai rien du repos que goûtent vos poussières. 01>stiné, je regarde, en mes tristesses fiëres, SI je ne revois pas aux célestes frontières. Mes adorations premières et dernières, VAmour, la Liberté, sidérales lumières.

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