‹ Poésies posthumesChapitre 113 sur 125 · DONA MIBANDA, DON RINALDO · texte numérisé non relu

DONA MIBANDA, DON RINALDO

DOnl HIRAHDA, nTonuaDte.

Que c'est beau, que c'est bon, le soleil et la vie I

' HIRANDA. 313

DOn RIHALDO, Inl moiiiml Im pt«p«Bllb.

Et ces apprêta royaux 1 n'en es-tu pas ravie T Vois, tout est RloHeux, superbe et triomphal : Encore l'œil et la main d'Orco notre féal.

DONA MIBANDA.

Qu'il soit béni — d'a?oir — entre tous ces trophées — A la place d'tionneur mis nos deux harpes féesl

DON RIHALDO.

C'est un généreux cœur, c'est un fidèle bras.

DONA HIHAKDA.

Cette contrée, ami, ne nourrit point d'ingrats. Ces colonnes vont voir se presser autour d'elles Bien des cœurs généreux et bien des bras fidèles.

DON RIHALDO.

Hes bons, mes chers vassaux!... Leur vénération, Comme elle va fêter ma résurrection 1 — Miracle! — C'est bienluH quel saint l'a fait revivre .' De leurs joyeux transporta d'avance je m'enivre. C'est — après ton amour — le plus complet bonheur Que me puisse octroyer la divine faveur.

nONA MIRAHDA, loucisuss, Indlquinl una dB> olmiiibrea de «snobe.

Un homme réde au fond de cette gâterie.

non RINALDO, Bprti >ioli rogirdé.

C'est Brennus — promenant sa tendre rêverie.

DONA MIRANDA

Il est encor vêtu de noir.

DON RINALDO

C'est singulier.

DONA HIRAMDA.

D'autant plus qu'on a dil, d'un galant cavalier. Lui porter de ma part, l'habillement splendide.

nON RIfCALDO.

Ha fol, qu'il reste en noir. C'est mieux- C'est plus candide. Qu'il ait, dans ses dehors et dans ses v^ments.

Héme air, mâme coulear que daos aes sentiments.

DOHA uibauda.

Une rage d'enfer sur sa face domine.

DOS RinALDO.

Hél laisse là ce traître et sa lugubre mlnel N'ayons souci que d'Être heureux.

DOSA HIEARDA,

Je le Toudrtûs.

Hais Je reesens encore les blessures des traits Dont nos cent Jours d'épreuve ont assailli mon âme. .

DON niNALDO.

Le bonheur en aura raison par son dlctaroe. Crois au bonheur!

DOKA MIRAHDA.

Hélas 1 de la félicité Nous savons rinconstance et la fragilité.

non BIHALDO.

Sans doute, cet amas d'horribles aventures,

Ma fausse mort — ton deuil — nos communes tortures—

Sans nul doute, cela bien haut nous avertit

Que nous sommes d'un monde où toute chair p&tit.

Mais il est pour l'amour des douleurs plus à craindre

Que celles dont nos cœurs pouvaient hier se plaindre.

11 est des maux encor plus grands.

BORA mRAIlDA.

Je ne crois pas.

non RIRALDO.

Oui, plus grands que l'exil, l'absence, le trépas.

DORA MIRARDA.

Ami, voIU railler.

DOH RIRALDO.

SI de la jalousie Quelque erreur à tous deux versait la frénésie; SI, par l'impur soupçon de n'être plus aimé.

Chacun da noos sentait son cœur envenimé;

Ou, si nous étions — moi, mari d'une autre Temme,

— Toi, femme d'un autre liomme— et qaedenotreQamme L'écbange ainsi devint un crime audacieux.

Nous chassant de la terre et nous fennant les cieut ;

— Aurions-nous pas des maux de plus fatale essence

— Réponds-moi — que le deuil, le trépas et l'absence î

DOUA 1IIR4I(D&.

Mon seigneur parle d'or... 11 a raison toujours, Lui, l'astre de mes nuits, l'oracle de mes jours!

DOn RIHALDO.

Eh bien! donc, je t'annonce en oracle — en prophète, Dn bonheur ne craignant ni lutte, ni défaite. Sur toi ma prophétie est-elle sans pouvoir?

nom KIRAHDA.

Pardonne. Je suis faible. Et puis, tiens, je crois voir. Dans l'homme ténébreux qui, là-bas, se promène, Une apparition funeste et surhumaine.

nON RlKALnO.

Ne le regarde pas, chËre sainte.

DORA HIRAHDA,

J'ai beau Ne pas le regarder. Je sens, comme un fardeau, 5'appesantlr sur mol ses regards — qui m'oppriment.

non RIHALDO.

Ses regards I... N'as-tu pas les mlensqul les réprimentT.. Et — si tu veux — tes tiens I Car tes yeux ravissants. Tels que ceux de l'archange, en éclairs sont puissants.

nOHA MIRAIinA.

Comme un lâche défi — sa présence me ftM>isse... Comme un songe railleur — elle m'emplit d'angoisse... Le passé se réveille... un nocturne assassin ROde... Je vois le ferl... Je le sens dans ton selnl...

s* rlIatiMt dast m bru, pl<t» d* dailm al d'lpoa<raBI>.

37S POÉSIES POSTHCHES.

Cher amant)...

DOK SIHALDO.

Dieu sauvenr I mettez donc sur ma lèvre Quelque verbe d'en haal, pour conjurer sa fièvre. — Hais, tout à l'heure, amour, tes radieux esprits De vie et de soleil se déclaraient épris. Tu tressaillais de joie. Or, ta joie était sage. Elle était sainte. En elle, 11 faut voir te présage D'un bonheur désormais à l'abri des démons. Qael paradisi S'aimer comme nous nous aimons. D'un amour éternel — et pouvoir à toute heure. Sur le même chemin, dans la même demeure. Ensemble faisant route, ensemble ayant séjour. Se dire, se prouver cet étemel amour l Sérénité, tendresse! excellence I harmonie I Union — dans ce monde, et dans l'autre — bénlel Un destin contenant des biens si précieux Ferait presque oublier de désirer les cieuxl

DORA HIKARDA.

Ainsi — cher — avec mol tu resteras sans cesseT Tu ne me quitteras jamais?

DON HINAI.DO.

Non, ma princesse.

DORA HIRANDA.

Jamais 7

DON RIHALDO.

Non. — Excepté cependant quand le roi.

Pour tenir sa campagne, aura besoin de moi. —

DONA UtRARDA.

Écoute. Si tu veux — toi, mon roi, toi, mon maître, Voir mon cœur se calmer... il te faut me promettre. Me jurer sur ta fol d'époux — de m'accorder — Sans réserve — ce que je vais te demander.

HIRANDA. 377

DON BIHALDO.

Ton maître est blenhenreux de tes désirs. — Demande. Ton esolare est tont fier de tes ordres. — Commande.

DONA ¥IIANnA.

Lorsqu'un appel de guerre, ébranlant l'horizon,

De ton cbAteaa loyal touchera le blason.

Je Tenx dans un baubert emprisonner ma taille ;

Je reux que l'on m'amène un cheval de bataille I

Au milieu des hasards, Je veux te suivre, moi,

Et~ gliUve en main — combattre an même raog que toi.

DON RiniLDO.

QneUe folie 1

DOIfA UtalHDA.

Ohl va, ta glorieuse amante, Compte bleu égaler Marphise et Bradamante I Souviens-toi que mon père, en vrai roi chevalier. Tout enfant, m'a rendu le glaive familier. Que je suis redevable & sa mftle tendresse I Hommes — si vous avez la force -> J'ai l'adresse. Dès la première guerre où tu m'emmëaeras, Je me signalerai. Tu verras I tu verras I

DOS RIIfALDO.

QulT molTqnejeme prête i semblable équipée? Que j'aille ofltlr au sabre, à la lance, à l'épée. Ce divin corps, ce front, ce sein, ces yeux, ces traits. Cet ensemble adoré d'angéliques attraits? Que Je consente à voir des attaques trop sûres Empourprer mes trésors de sanglantes blessures ? Qu'avec l'étrange horreur de te voir déchirer, J'enconre cet enfer de te voir expIrerT... Non pas l...

DOflA HlRAnDA.

Comme à plaisir ta prudence exagère!

liais, sans essuyer même une atteinte légère—

318 POÉSIES POSTBUHES.

Oa peut s'aveoturer dans les plus grands combats. On le peut encor plus sans subir le trépas. D'ailleurs — toi le premier — tout cela te menace. Le démon de la mort perd bien de son audace, Quand on l'afn-oute — auprès du cœurquel'oa chérit! Défendus l'un par l'autre, est-ce que l'on périiî A DOS armes la Vierge et les saints favorables, S'en suis sûre — feront nos corps invulnérables. — Bh bieuï...

»0K RIICILDO.

Non, mon amour. Non. Forme d'autres vsui. DOHA mihàndi.

Maître — je t'ensnppllel... Esclave — je le veuxl

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