‹ Poésies posthumesChapitre 30 sur 125 · LES DEUX LAMES · texte numérisé non relu

LES DEUX LAMES

Un montagnard avait une excellente épée QuMl laissait se rouiller dans un recoin obscur. Un jour elle lui dit : — Que ce repos m'est dur I Guerrier, si tu voulais 1... Ma lame est bien trempée.

Dans tes rudes combats, sur la côte escarpée Elle Taudrait, au bout de ton bras ferme et sûr. Les autres espadons qui brillent sous ce mur. Pourquoi seule entre tous est-elle Inoccupée} —

le suis comme ce glaive et je dis au destin -: Pourquoi seul de mon type ai-je un sort clandestlnl Ignores-tu quelle est la trempe de mon ftmeï

1. Imprimé en mua 1839 siec da moutnisuaet fant«< typographiques, dim on loamil i 3 EtaDO par tm, qui l'inUtulait : Rttat du Gnni Mondi!

Elle pourrait jeter de glorieux reflets.

Si ta droite au soleil faisait jouer sa lame t

Elle est d'un noble acier I... Destin, si tu roulais 1...

HOROSOPHIE.

Quand on a dans le cœur slmplesse de colombe, Prudence de serpent doit ceindre ce trésor. — Pour les corps trop parfaits, pour les véuustésd'or, n taut un long manteau qui du chef aux pieds tombe. ^

Tous les gomorrhéens ne sont pas outre tombe. Hallieur aux beaux enfants qui, novices encor, Tout nus, hors du gymnase, ont risqué leur essor 1 Bientôt sous l'œil des boucs leur chasteté succombe...

Dans l'antre social, cli^rvoyance de lynx.

Majesté d'hiérophante et mystère de sphinx. Doivent garder, vêtir et voiler le poëte.

Ce triple talisman le peut seul protéger

Contre mainte harpie, ardente & dégorger

Son fiel noir — sur sa lampe et dans sa cassolette.

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