AMOR DUPLEX
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Des uaius du pays vert j'entends vibrer le cor. Soudain je m'aventure en un beau rêve d'or.
J'erre au sein plantureux d'un val plein de lumière. J'arrive sur le bord d'une Immense rivière. L'eau rit sons le soleil. Ses radiations M'entourent mollement de leurs séductions. Un bateau svette est là : j'y monte et le délie, Et, le livrant au cours de cette onde assouplie. Les yeux demi-fermés dans un demi-sommeil, Je m'étends sous l'éclat du firmament vermeil. Autour de moi, bientôt les argentines vagues. Se prennent à jaser; parmi leurs propos vagues Je recueille ceux-ci : « Vois-tu ce franc rêveur ( Qui de nos bercements recherche la faveur? « Regardedanssonboeurideuxchastes noms de femmes ( Y vivent couronnés de parfums et de flammes. « — Deux noms en mâme temps7 Ce jeune chevalier « Possède un cgeur bien large et bien hospitalier!
■ — Quiî lui? scinder sa foiî morceler sa tendresse? < U n'adore et ne sert qu'une seule maitressel
■ 11 n'a qu'un seul amourl sa mystique fierté a Ne saurait concevoir l'amour sans unité.
AHOB DDPLEX. 181
■ — Elles sont deux pourtant. — Oal, msla ce couple étrange,
c Dans sa dualité ne Torme qu'un seul auge.
« Cest un myrte céleste incessamment vemul,
< Avec sa fleur naissante au pistil virginal.
€ — Allons, vagues mes sœurs, conduisons sa gondole
« Dans l'Ile où maintenant règne sa double Idole.
€ Donnons-lui du bonheur pour tous ses sombres jours
a A ce riraeur pensif qui nous aima toujours.
« Sa lyre dans le deuil fut trop longtemps muette.
« Que ia féilclté le refasse poétel »
Et les vagues en ctiœur me poussent doucement Vers l'Ile que ma fée emplit d'enchantement. Déjà l'esprit des fleurs que m'apporte la brise. Annonce h mon amour cette terre promise, Gomme ces chauds parfums qui vinrent autrefois Révéler la Floride au glorieux Génois; Déjk de ses forêts jusqu'à mol l'ombre flotte ; Et l'un de ses ramiers, en guise de pilote, Vient s'abattre à mon bord. Lajoieausangme bout. D'un sursaut dans la nef je me dre.sse debout. — Sous un plane doré par le soleil d'automne. Une blanche beauté qui semble line madone, Et qui porte comme elle un fruit du ciel au sein, nrapparatC.Toutmoncœur murmure un hymnesaiiil. Car il a reconnu sa coupe d'ambroisie.
Son double lys de paix, d'amour, de poésie... Et, soudain, m'élançant aux gazons de l'Ilot, Je reçois dans mes bras l'ange — avec l'angolot.
r DIS inrLLis.
POÉSIES POSTHCHES.
SONNETS
TROIS LIVRES (DE 1S3£[ A i8f|6)
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