‹ Poésies posthumesChapitre 64 sur 125 · FRAGMENT INDIEN · texte numérisé non relu

FRAGMENT INDIEN

"Près des borda du grand fieuve est l'illustre cité

Doat l'aïeul dea géants traça llmmeQsité.

Son circuit n'est pas moins de cent jours de voyage. 'Ses portiques au ciel montent d'un seul étagç.

Pour emplir jusqu'aux bords son cercle de fossés,

A peine le grand fleuve aurait de l'onde assez.

Faites de métal pur, ses murailles d'encelute l'ornent comme un collier de prêtresse et de sainte. :Des cèdres, des palmiers, de jaillissantes eaux >De ses malsons de jaspe encadrent les arceaux ; 'Les sons d'une musique aux doux et tendres charmes

Et les résoonemenis grandioses des armes, 'De ses marbres émus s'élevant tour à tour,

liUl font comme une voix d'héroïsme et d'amour.

Sans Interruption, ses places et ses rues.

De beaux lions privés, de chars, sont parcourues; ' "Sans cesse, pèlerins, trafiquants, messagers, 'En grand nombre venus des pays étrangers,

La visitent, portés sur de hauts dromadaires;

Dans tous ses carrefours dansent des bayadères;

Et de ses temples d'or le faite radieux -Chaque soir retentit du bruit du pas des dieux.

HOSAIQCE. Sî9

Partent, dans U tiédeur de ses nuits constellées. Banquets d'hommes heureux, chantantes assemblées, Désirs, plaisirs, parfums. Joyaux étincelants. Personne dans ses murs ne vit moins de mille ans. Vœux, prières de flamme, encens de sacrifices, lëmanent sans repos de tous ses édlQces. Sa garde est confiée à des chefs triomphants |)ul trftnent dans la gaze aux dos des éléphants. Enfin, de purs esprits dans de saints corps de prêtres, ■Daignent la gouverner, lui tenir lieu de maîtres.

Et dans le déploiement de tentes ces grandeurs. Dans le rayonnement de toutes ces splendeurs. Réside un calme Immense, une paix Infinie, Un ordre inaltérable, une entière harmonie, Dn suprême avant-goUt de la sérénité.

Que respirent tes D]eu< dans leur éternité.

FHAGMENT ÉGYPTIEN.

An retour d'OsIris, Typhon, de sa stature Mystérieusement fit prendre la mesure, £t fit faire un cercueil dont les dimensions S'adaptiUeot à merveille à ses proportions. Par l'ordre du perfide, un artisan célèbre. Dans les quatre parois de ce meuble funèbre. Encastra des panneaux d'un luxe magistral. LA, vivaient,, ciselés dans l'or et le cristal. Des serpents, des festens, d'étranges figurines. Des licornes, des sphinx, des floraisons marines.

S3« POÉSIES POSTHCMES.

Des triaDgles sacrés, de divins médaillODS, Qal, comme des soleils folsonoaleot de rayons.

Il convie Osirls aux pompes d'une tète.

Dans un grand pavllIOD, qui, de la base au faite. Est largement drapé d'un glorieux velours Dont on a broché d'or les pans vastes et lourds. Sous rétlncellemeat qui pleut des lampes vives. Le festin, tleuronné de plus de cent convives, •

Arec tous ses parfums, ses nectars, ses joyaux. S'inaugure aux accords des théorbes royaux.

Caressant à part sol sa perfidie insigne. Typhon baise la main de son frère...

A ce signe, La voûte s'est scindée, et, tout resplendissant, Le coffre merveilleux sur la table descend.

On admire son faste — et chacun se récrie Sur le parfait travail de son orfèvrerie. Tous disent que jamais dans un cercueil si beau, Grand-Pontife ou Grand-Roi ne fut mis au tombeau.

Alors Typhon ; — « SetgAeurs, écoutez ceque j'oO^ 1

■ Ha libéralité fera don de ce coflVe,

« Qui n'a pas sous le ciel de rival en splendeur/' ( A celui dont la taille aura môme grandeur. > — Ces mots sont applaudis de la foule enchantée. Hais l'épreuve est en vain par maint seigneur tentée. Tous elle les signale ou trop longs ou trop courts. Cependant Osirls restait hors du concours... Lorsque l'interpellant, la reine d'Ethiopie, Jalouse de hâter la catastrophe Impie : — ■Eh bien! qu'attendez-vous, prince? De spectateur, « Ne songez-vous donc pas k devenir acteurT

■ Serait-ce que jouer avec les funérailles.

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