‹ Poésies posthumesChapitre 78 sur 125 · LES RHAPSODIES DO VIDAHE, !SB · texte numérisé non relu

LES RHAPSODIES DO VIDAHE, !SB

La vermeille Sicile et la blanche Albloa;

Dont la forme, aux cootours dignes d'exquise étude.

lieie en un riche accord sveltesse et plénitnâei

Dout la grftce de eygae aux galbes amollis

De ta robe eUe-niâma anime tous les plis.

Dont la voix, modulée au timbre d'Ausonie

Dans le plus vague accent se révèle harmonie;

Toi, qui ne peux venir ou passer quelque part

Sans troubler, sans charmer toat cœur et tout regard;

Toi dont l'entendement, l'immortelle nature.

De fabrique étbérée et de fine culture.

Entretient, sous l'abri d'une flère pudeur,

Dn fomltier commerce arec toute grandeur;

Toi, dont j'appellerais Y&tna vraiment royale.

Si ce mot voulait dire et sublime et loyale ;

Quel prince, quel Infant, quel brillant cavalier. Quel beau seigneur as-tu choisi pour cavalier? Le plus noble, le plus charmant, le plus insigne. De vivre ton esclave & peine serait digne. Voyons, ce grand élu, qu'est-ce? — Un franc plébéien, Qui Tient de rien, n'est rien, ne sera jamais rien; Dn songeur, étonné, tant l'orgueil te domine. De n'être pas de ceux que la Muse illumine. SI Je peignais celui qui t'a fait déroger... Mais, pour l'amour de toi, je le veux ménager,. - ■ Par bonheur, on l'Ignore. Autrement que de blftmel 0 scandalel être prise uniquement par l'Amel Couronner un amant neutre eh fait de beauté. De richesse et d^ nomi Bien pour la vanltét DIeuxl quel choix malhabile et quel goût dérisoire 1 Ainsi, fortune, honneur, grand air, puissance, {^olre. N'ont pas besoin pour toi d'accompagner l'amour.

SftO VOËSIES POSTHDHBS.

A lui seul — pour ton cœur de siUdM — Il fait le jour. Abl dé^t merreilleux, splendide, incomparable. Qui, plus que mille attraits, rend ma dame adorable! Ombre qui reluit plus qn'un faisceau de rayoas I — Hais je traduis bien mal mes vénérations. J'appelle ombre et défaut (bizarre ingratitude!) Le principe et la Sn de ma béatitude 1 Cest lumière, plutôt; c'est divine vertu. Oui, de divinité ton cœur est revêtu, Puisqu'en métal superbe H cbangie un humble argile. Tu ressembles vraiment au Dieu de rÉvangile; Car enfin, du chétif, du moindre, du dernier, 11 te plaît comme k lui de foire le premlerl

Non, je ne puis — malgré tes logiques alarmes — Penser qu'un dénoûment et de sang et de larmes Atleude notre amour, dans l'avenir obscur. De ces pressentiments chassons le vol Impdr. Tous deux simples et bons, des plus nobles Idées Nous avons constamment nos Ames possédées. Noos vivons, nous sentons, nous palpitons en Dieu. En nous vibre un éclio de son verbe de feu. Comment permettrait-il qu'un spectre auxyeux hinëbre» Changeât notre lumière en sanglantes ténëbresT

Hais surtout, mon amour. Jamais ne laisse en toi Le doute pénétrer, s'essayer contre mol. Que si trop loin de nous l'espérance s'envole, Reste ferme ~ sieds-toi toujours sur ma parole ; Embrasse, étreins toujours ma foi dé chevalier. De bronze est l'escabelle — et d'airain le piller. Attends les lâchetés les plus olympiennes

LBS RHAPSODIES DD TIDAHB. S61

Dasort,des dieux, des saints— avant l'ombre des mleDoes. Te BOuYlent-ll qu'on soir, tous deux lougeant les mura , D'un promenoir aimé — sous des arbres obscurs, Noos souriant dans l'ombre et mêlant nos voix basses Aux parfums, aux rayons qui semaient les espaces. Ensemble nous formions le souhait de pouvoir Toat recommencer — tout reprendre — tout revoir Du merveilleux passé de notre amour, — tout, même Les beures de tourment, les Jours de peine extrême. Et l'attente et l'absence aux dédales perdus, Toutl jusqu'aux désaccords, jusqu'aux malentendus? Ahl c'est qu'un seul des bleus si fugitifs, s] rares, Qa'amcha notre amour ft nos destins avares, Cest qu'un seul de ces biens vaut plus, a plus de poids Que tontes les douleurs, tons les maux ft la fols. Et possède, contient, dans sa riche Bubatance De quoi défrayer d'heur la plus lon^e existence I

Saints transports, qui faisaient ton ùt>nt p&le et riaot,

Et qui nous revêtaient comme d'un orient!

Larmes sourdes du cœur au feu d'amour tariesl

Effluves d'Idéal I Tourbillons de féeries I

Prismes de t'inconnul Magnétiques éclairs I

Aoéantissements dans les divins éthers!

Bla nymphe, mon autel, mon triomphe, ma reine.

Dis : quelle volupté profonde et souveralnel

Blanche fée, obi c'était pour toi comme pour moil

DIeuxI que j'ai donc senti, brûlé, vécu par toi 1...

Oui, par toi me voilà (qu'on m'admire et m'enviel]

Sdr de ne pas mourir ayant manqué la viel

Et j'oublierais jamais ce que j'ai vénéré.

Ce que j'ai possédé , ce que j'ai dévoré!

Allons, tu sais trop bien que le feu de mes veines

a}2 POÉSIES POSTHUMES.

S'en nourrit ; que ma cbair et mon Jkme en sont pleioes ; Que tout le monvement de mon cœur en est fait, Qoa tont moa âtre enfin n'en est plus que TeETet [ . . .

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