POST-SCRIPTUM
JuivleT 1SS9.
L'antre nuit, sous ma lampe, énervé de tristesse, Je tenais dans mes mains ces pages de jeunesse... Ohl comme j'étais sombrel ohl comme j'étais seul! Dans mon cerveau flottait une image au linceul; Puis, un coteau brumeux, plein de funèbres arbres. De longs saules baisant dés croix, drapant des marbres.
LES RHAPSODIES DU VIDAHE. 2f
^écoutais ce penser, qui m'habite et me mord :
— Être mort dana la vie et vivre dans la mort I — Et je disais, soadaot le mystère où tout tombe :
— Oit donc est le repos s'il n'est pas dans la tombe 1
Et je t&chais de faire un ordre i ces feuillets,
Reliques de roman, mystérieux billets,
Dont le style poursuit le beau — qui se dérobe,
liais où la passion parte, sincère et probe.
Et les vers défilaient sous mes yeux pris de pleurs.
Comme dans un herbier des cadavres de fleurs.
Ces cendres remuaient, me brillaient, quoiqu'éteintea.
Nous échangions tout bas de sympathiques plaintes.
Je baisiùs maint passage en superstitieux.
Pourtant, k l'épilogue, un ris silencieux
Au lecteur — de la part d'un rimeur philosophe
Me gagna : je trouvais bizarre une apostrophe
Qui, dès ce temps lointain, savait très-bien déjà
Que l'ombre réclamait ses vers — surtout ceux-là;
Et qu'il n'était pour eux d'autres lecteurs possibles
Que les dieux, les esprits, les morts, — los invisibles.
• A peine avals-je ainsi pensé — qu'il me sembla...
Ahl personne pourtant, personne n'était làl
n me sembla — charmé de deuil — navré de joie —
Entendre le frisson d'un vêtement de soie —
Et le soupir d'un sein gonflé d'émotion.
Ces plis frOlés, ce bruit de respiration.
C'était tout contre moi... le tremblais comme un saule...
Je sentis regarder par-dessus mon épaule.
Une haleine offensa ma joue — et je surpris
Comme un toucher vivant parmi les cheveux gris.
VIEILLES RI9IES DODIT CHEVALIEK