LA LÉNORE DE BURGER
Ah I J'aime ces allures vives, Ce mouvement dans le trépas.
Is feront d'aimables convives 1 Nous les Invitons, n'est-ce pasT Ici, troupe vile et damnée I Dansez la danse d'hyménée.
Hurrahl suivez-nous en chantant.
Je mëue vers ma couche humide Ua fiancée encor timide...
Pour la noce l'on nous attend.—
Et les esprits en foule.
Comme une mer qui houle, A leur suite amassés, Vont troublant leurs oreilles D'aigres clameurs, pareilles Aux cris des vents glacés, Quand, parmi les décombres Des monastères sombres.
Ils luttent courroucés.
Et toujours ils allaient d'un galop plus rapide Que l'élan fabuleux du centaure intrépide.
Cheval et cavalier D'un ouragan d'enfer semblident avoir les ailes, Et les pierres jetaient des torrents d'étincelles
Sous les pas du coursier.
Obi comme s'enfuyaient, se dérobaient dans l'ombre Les sites que la lune éclairait à leurs yeux I Comme le pile essaim des étoiles suis nombre
Glissait rapidement sur euxl — Lénore a-trelle peurî La lune est froide et belle, ■ Hnrrahl les qorts vont vite. A moi, démons, A moi I
3T3 P0ËSIB3 POSTHOHES.
Te font-ils p«ur, les morts? Trembles-tu , ma fidèle? —Ah! p&ix aux morts. Tais-toi. Tais-toi.
— HoQ noir, plus vite 1 Allons! courage.
HUte-toi, mon cheval sans mors.
L'air du matin m'efQeure.Hurrah! mon noir, fais rage I Déjà le coq s'éveille en un lointain Tillage, Uon noir, mon ooir, plus vite 1 Harrah I double d'efforts 1 Bien, bien. De vos sapins je vols l'obscur feuillage. Finie est notre course. Ob I faire uu tel voyage En une heure! Ils vont vite, ils vont vite, les mortsl —
Ds font balte, sur la colline,
Devant une grille d'airain.
Le cavalier, de sa housslne,
T frappe... On leur ouvre soudain.
Parmi les croix, parmi les marbres,
Sous le deuil et les pleurs des arbres,
S'achève le galop fatal. .
Au centre du grand cimetière,
Dans une lugubre clairière.
Le couple descend de cheval.
Bon Dieu! l'affreux miraclelohU'horreur se complète. Près d'une fosse ouverte, en un hideux squelette. S'est changé tout à coup le sombre cavalier. Dans ses os décharnés le vent Joue et murmure. Il n'a plus pour manteau, pour glaive et poor armure. Qu'une faulx et qu'un sablier.
Le cheval noir se cabre... et, vomissant du soufre. Avec fracas s'abîme aux profondeurs d'i^n goufl^.
LA LËNORE DE BURGER. il
Sous des lincevls traînants l'herbe h&nte se froisse. 0 L6nore, ton cœar palpite avec angoisse Entre la vie et le trépas I
La lune était voilée, et l'ombre était profonde. Autour d'elle les morts dansèrent une ronde, £n loi psalmodiant ces lamentables mots: - — VoUi, TOlU le prix de ton blasphème inftme. Puisse Dieu satishlt ne pas plonger ton Ame Daas une éternité de maux!
rm DS LÏNORS.