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SCÈNE PREMIÈRE

Eiœpté te préau, tout est désert.-. Personue Ailleurs, grâctt à la nuit.

do enlaad (011081 l'henr*.

La deuxième heure sonne.

— Sans doute, chacun dort. — Chacun nje plaît ainsi. Je n'en cèle que mieux mon arrivée Ici. —

Comme elles ont eu peur, ces pauvreii sentinelles! Comme, sous ce manteau, ma voix et mes prunelles Leur ont persuadé que celui qui passait —Revenant sombre — au sombre Archange obéissait!

— Enfin I Jesulscbezmoil... J'attendrai ià. — J'estime

3»8 POÉSIES POSTHDHES.

Que s'il me vient quelqu'un, ce sera mon intime. Mon fés), maître Orco. Lut seul, certainement. Ose jusqu'en ce lieu pénétrer nuitamment. — rai besoin de ton aide, Orco, cher majordomel 11 me faut tes conseils de loyal et prude homme. Soldat qui portes haut le cœur et le cimier, Cest toi que je souhaite. Olil viens-moi le premfer. Nul aussi bien qu« toi ne me saurait apprendre Parqnelsmo]ren3,quelssolns,quelart,jepuis me rendre Visible & Miranda, sans tuer s^ raison, —

tsatl.

L'épouvantable deuil! la lugubre malsoni

Salles, piliers, arceaux, corridors, (galeries,

Tout, — on a tout couvert de noires draperies,

On ne marclie que sur de noirs, de sourds tapis

Par qui slnistrement les pas sont assoupis.

L'ombre partout. Le mur partout. Point de fenêtre.

Pas QD coin de vitrail par où le jour pénètre.

Et qui donne au regard l'aspect des cieux profonds.

Sans les lampes d'argent qui pendent au plafond.

Comme dans Josaphat, de ténèbre en ténèbre,

On vaguerait perdu dans ce manoir funèbre.

C'est véritablement le palais de la Mort.

— Mlranda! grande amiel Ah I tu me crois bien mort'

Tolci mon cénotaphe orné d'un luminaire.

D'une blanche madone, image débonnaire.

De ma fameuse épée et de mon noble écu.

Comme il sied pour un fils d'Espagne — ayant vécu

L'égal des plus vaillants et des plus catholiques

Qui hantèrent jamais champs clos^t basiliques.

— Nul des meubles aimés qui bordaient ces parois.

Nul objet des vivants n'est demeuré, je crois...

Pourtant, quevols-jelàT Denx harpes, cerne semble...

Oui, nos lûrpes d'amour qui sommeillent ensemble.

LasI dans cet air de plomb, dvI souffle éoUâD

Qui les vieDDe charmer d'un mystique entretien ;

Et ce crêpe aux longs plis, qui les voile et les orne.

Achève de leur faire une 4me inerte et morne. —

QUoit des mois ont déjà passé sur mon cercueil,

Et Mlranda conserve çncor ce vaste deuil!

Veut-elle, transformée en nonne mortuaire,

Se clottrer désormais dans -ce froid sanctuaire ?

A la voir tant m'atmer, qu'immense est mon bonbeur t

A la voir tant souffrir, que je sens de douleurl

Trois mois au plus profond degré delasouffrancel

Dans le dernier des maux, dans la désespérance I

Et j'attends, je demeure!... Et je n'ose courir...

11 le faut. De sa joie elle pourrait mourir.

Victime de l'amour, toi qui n'es la victime

Que d'un amour béni, vertueux, légitime.

Qui pleures un mari comme on pleure un amant;

Aht qu'on doit t'admirer dans le haut firmament!

— Qu'il me tarde, usurpant le rôle de Lazare,

De briser de ma mort le mensonge bizarre 1

Que j'ai hâte d'aller, aux pieds de ma beauté,

Manifester ma vie, ardente vérité 1

Volez, rêves de feu ! devancez-moi près d'elle. —

Par notre amour I je suis bien vivant, ma fidèle I

Vrai Dieu 1 tout ce qui dit que, sous le monument,

Je subis l'éternel repos, tout cela ment.

1^ mens, drap nolrdesmortsl tu mens, paix sépulcrale!

Cierges, larmes d'argent, sarcophage, eau lustrale,

Taciturnes lueurs, mornes obscurités,

Symboles de trépas, vous mentez, vous mentez 1...

Dans mes membres, jamais plus de vie et de force

N'a bouillonné : jamais plus absolu divorce

Entre la tombe et moi n'a régné : je me sens

Des trésors de santé pour d'innombrables ans 1

300 POÉSIES POSTBUHES.

Je surgis en état de couronner sans peine

Ma mission d'amour, — ma mission de haine!...

Ici U apHtafi riuauM wdonnL

Hél J'avais tort de croire être bien seul. Quelqu'un Est couché là.

Il l'ippncht da iDl et l'aïuiliK.

Le juste! il dort sans trouble aucun.

Le frère de la Mort l'exemi^te des alarmes Dont t'entoure sa sœur. — Quelestcethommed'armesT

u cbDiilt gni M ojsolaphe un crer^a porlslir, — un bmilHir, — M fta len pou «clilnr le Tliaie da dotmear.

Dieux! c'est mon miyordome Orco !...

Il repliée le elerge.

Bon serviteur 1 Des mânes de son maître, inquiet zélateur. Au pied de leur autel, 11 se tient la nuit même I Ah ! c'est un généreux qui m'honore et qui m'aime I

— Orco, réveille-toi. Le marquis s'en revient. . Qu'il batte sur mon cœui^ ton cœur qui se soavienti

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